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Clinique du sport : le procès des infections nosocomiales

"Un procès plus de vingt ans après les faits... La justice aime décidément prendre son temps en matière de dossiers sanitaires", juge Eric Favereau dans l'attaque de son article paru dans Libération (pages 38 et 39) sur le procès de la Clinique du sport, qui s'ouvre aujourd'hui au tribunal correctionnel de Paris. Trois médecins, dont l'ancien directeur de cette célèbre clinique parisienne, devront répondre de "blessures involontaires", "tromperies" et "complicités" dans ce désastre sanitaire, qui a touché 58 patients, contaminés par la mycobactérie xenopi, présente dans l'eau du robinet de la clinique et utilisée pour rincer les instruments chirurgicaux, rappelle Le Monde (page 13). Une affaire "devenue emblématique des infections nosocomiales", souligne Le Figaro (page 14). Cette grave infection de la colonne vertébrale, qui a touché les malades, parfois plusieurs années après leur opération, s'apparente à une tuberculose osseuse. Elle provoque de violentes douleurs dorsales et des troubles neurologiques pouvant aller jusqu'à la paraplégie, précise Le Monde.

L'affaire de la Clinique du sport, c'est d'abord un secret bien gardé. Près de dix ans se sont écoulés entre le moment où les premiers cas se sont déclarés (janvier 1988) et l'ouverture de l'information judiciaire (octobre 1997). Ce ne sont pourtant pas les signaux d'alerte qui ont manqué, comme l'explique Eric Favereau dans son récit très détaillé dans Libération. Dès 1989, le Pr Meunier du CHU de Lyon recommande une enquête dans la salle d'opération de la clinique. En 1993, une experte, Nicole Desplaces, constate que "la procédure de stérilisation à froid des instruments chirurgicaux est incorrecte". Mais il faudra attendre 1997 pour que des milliers d'anciens patients de la clinique soient informés par le ministère de la Santé des risques encourus et que la justice se saisisse enfin de l'affaire.

"C'est le plus gros scandale français en matière de maladie nosocomiale. Il y a eu un avant et un après Clinique du sport", observe Alain-Michel Ceretti, époux de l'une des victimes, qui s'est beaucoup investi dans la recherche de la vérité. Cet homme tenace a fondé l'association Le Lien, qui est à l'origine de la loi de 2002 sur l'indemnisation des victimes d'accidents médicaux et d'infections nosocomiales, rappelle Le Monde. Alain-Michel Ceretti est aussi chargé du nouveau pôle Médecine et sécurité auprès du médiateur de la République.

"Drogue : ne fermons pas les yeux"
C'est le slogan de la nouvelle campagne de prévention contre les dangers de la toxicomanie, lancée hier par la ministre de la Santé, qui a rappelé que la France compte "quatre millions de consommateurs réguliers de drogues", note Libération (page 28). "Il s'agit de sensibiliser chacun aux effets physiques et neuropsychiques des produits stupéfiants", a expliqué Roselyne Bachelot. La campagne, réalisée par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), s'articule autour d'un spot télévisé programmé à partir d'aujourd'hui et de trois spots diffusés sur les stations de radio destinées aux jeunes, à partir du 10 octobre, précise le quotidien La Croix (page 4). Les spots renvoient vers le site drogues. gouv. fr et le numéro de Drogues info service : 0 800 23 13 13 (gratuit depuis un poste fixe) ou 01 70 23 13 13 (coût d'un appel ordinaire depuis un mobile). A l'occasion de cette campagne, le journal de 13 heures de France 2 a réalisé hier un reportage tourné au centre Emergence espace Tolbiac de l'Institut mutualiste Montsouris (IMM), à Paris. Les téléspectateurs ont ainsi découvert le parcours de Romain, 19 ans, suivi depuis plusieurs mois pour sa consommation de cannabis. Le Dr Olivier Phan, psychiatre et responsable médical du centre, a notamment souligné l'importance du dialogue dans la prise en charge de l'addiction.
John Sutton