Cancer : les femmes mieux dépistées

Le nombre de consultations d'oncogénétique (la génétique appliquée à la cancérologie) est passé de 12.000 à 26.000, entre 2003 et 2007. Cinq mille femmes ont ainsi été identifiées à haut risque et ont pu bénéficier d'un dispositif de prévention régulier, selon un rapport publié par l'Institut national du cancer (Inca) à l'occasion de la Journée mondiale contre le cancer, qui se tient aujourd'hui, rapporte Le Parisien/Aujourd'hui (page 11).

Grâce à l'identification des gènes de prédisposition à certains cancers (du sein et colorectal), les analyses génétiques, qui permettent de rechercher ces formes héréditaires de cancers dans la famille du malade, connaissent un véritable essor en France.

Mais, contrairement aux idées reçues, le cancer n'est pas une maladie des pays riches. Dans les pays en voie de développement, il fait aujourd'hui plus de victimes que le sida, la tuberculose ou le paludisme, souligne Le Figaro (page 13). Selon l'OMS, le cancer est, après les maladies cardiovasculaires, la deuxième cause de mortalité dans les pays du Tiers-monde, avec 7,6 millions de morts chaque année. "Le taux de survie dans ces pays est extrêmement bas", observe le Pr David Kerr, pharmacologue et cofondateur d'Afrox, une organisation luttant contre le cancer en Afrique.

Même constat hier lors d'une conférence du Dr Joseph Saba, médecin infectiologue : "Les prévisions internationales pour 2030 sont de 12 millions de morts du cancer. Les raisons sont multiples : le manque de sensibilisation des populations, le manque d'infrastructures et de spécialistes, l'absence de programmes et de politique de lutte contre la maladie, le coût élevé des médicaments et des soins."

La démographie médicale au centre du projet de loi HPST
La commission des Affaires sociales a commencé hier l'examen des amendements au projet de loi "Hôpital, patients, santé, et territoires" (HPST), qui sera présenté à l'Assemblée nationale, à partir de mardi prochain, indique le quotidien Les Echos (page 4). "Près d'un millier d'amendements ont été déposés. La démographie médicale est l'un des grands thèmes qui émergent, quelle que soit la couleur politique des parlementaires", explique Jean-Marie Rolland (UMP), rapporteur du projet de loi. "Il ne faut pas hésiter à limiter les installations dans les zones denses", estime Marisol Touraine, députée socialiste d'Indre-et-Loire, qui dénonce "un texte qui ne répond absolument pas aux défis que rencontre le système de santé aujourd'hui".

"La démographie bombe à retardement ?", interroge Le Quotidien du médecin d'hier (page 3), dans lequel on peut lire : "Dans la majorité, on ne sous-estime pas le risque “collatéral” d'un conflit avec les médecins de ville. Même si le ton va-t-en-guerre de la CSMF est parfois jugé excessif."

Autre sujet qui préoccupe les députés : la gouvernance des hôpitaux, que le projet de loi veut réformer en faisant du directeur de l'établissement son vrai "patron". Vouloir "concentrer tous les pouvoirs dans la main du directeur d'hôpital gestionnaire et de l'Agence régionale de santé" est "un leurre", estime dans La Tribune (page 4) Francis Fellinger, président de la Conférence des présidents des commissions médicales d'établissements (CME) des centres hospitaliers. Francis Fellinger constate néanmoins "trois progrès majeurs" dans le projet de loi HPST : "D'abord, le pilotage régional unique avec les Agences régionales de santé. Ensuite, la loi favorise les Communautés hospitalières de territoire, qui vont permettre de regrouper et d'organiser les hôpitaux." Troisième point positif, selon lui : "On introduit la notion de contrat entre l'hôpital et le médecin", ce qui va permettre de "payer davantage les praticiens pour des postes contraignants, et éviter ainsi les départs vers le privé."

La complémentaire en débat sur France Inter
Le directeur général de la Mutualité française était l'invité hier de l'émission "Service public" sur France Inter. Son thème : comment bien choisir sa complémentaire santé ? En réponse au témoignage d'une auditrice qui ne souscrit pas volontairement à une complémentaire, Daniel Lenoir a rappelé que la "Sécu" ne prend pas à charge à 100% l'intégralité des soins hospitaliers et que la part laissée aux assurés sociaux est "croissante". Le manque de couverture complémentaire est un frein à l'accès aux soins, comme en a témoigné Maddy Denantes. Membre du comité des médecins généralistes pour l'accès aux soins, cette professionnelle de santé a évoqué le cas d'une personne souffrant d'hypertension artérielle qui ne pouvait pas suivre son traitement pour des raisons financières. Dans un autre registre, le directeur général de la Mutualité française a indiqué que le Code de la Mutualité interdisait la pratique des questionnaires médicaux et la sélection médicale.

John Sutton et Jean-Michel Molins