Cancer : le coût de la survie

Est-il économiquement justifié de faire vivre plus longtemps un ma­lade atteint d'un cancer avec métastases ? La question peut sembler cynique et cruelle, elle est pourtant celle que soulèvent actuellement les autorités sanitaires. Comme le rapporte Le Figaro (page 11), l'Académie de médecine vient de présenter un rapport intitulé "Informations sur la prescription des molécules onéreuses" qui s'interroge sur le rapport entre le coût de certains médicaments anticancéreux et le temps de survie qu'ils procurent.

Si certaines nouvelles molécules mises récemment sur le marché permettent de prolonger "de manière spectaculaire l'espérance de vie", d'autres ne garantissent la survie que de quelques mois. Quelques mois, c'est déjà beaucoup, mais compte tenu du coût élevé de ces traitements, il est "légitime de s'interroger avec précision sur cet investissement, sachant que le budget dévolu à la santé est de plus en plus serré", commente le quotidien.

En France, le budget consacré aux chimiothérapies est plus élevé que chez nos voisins. Pour 100.000 habitants, il est annuellement de 5 millions d'euros. C'est aussi dans l'Hexagone que "les produits les plus récents sont le plus utilisés", indique le quotidien.

Selon le rapport, 38 nouvelles molécules anticancéreuses (dont 11 thérapies ciblées) sont apparues entre 2000 et 2007. Un traitement de 18 semaines avec le cetuximab, par exemple, coûte 80.000 dollars environ pour une amélioration de la survie de 1,2 mois. Dès lors, prévient le rapporteur du document, le Pr Jacques Rouessé, "des choix s'imposeront à plus ou moins brève échéance de façon impérative". D'après l'Académie de médecine, cet effort financier ne pourra "se justifier sur le plan éthique que s'il est assorti d'une efficacité notable".

"En l'absence d'une rigoureuse évaluation, conclut l'Académie de médecine, la prescription de molécules onéreuses occasionnerait un gaspillage qui nuirait à l'ensemble de la collectivité en réduisant les moyens disponibles pour d'autres usages."

Les Africaines défient le VIH
Contrairement à une idée reçue, indique Libération (page 17), les femmes africaines font face avec vaillance au virus du sida. C'est du moins ce qui est ap­paru lors d'un colloque qui s'est tenu en début de semaine à Dakar, consacré aux "femmes à l'épreuve du VIH dans les pays africains".

"Certes, elles continuent de mourir en masse du sida, mais elles vivent aussi avec le virus", indique le quotidien. Beaucoup d'entre elles réagissent très vite dès l'annonce de leur séropositi­vité. Moins passives qu'auparavant, elles se font traiter davantage que les hommes, d'autant qu'elles ont "un meilleur accès au système de santé, bien souvent via la grossesse".

Plus que les hommes, les femmes assument également leur maladie. Les hommes africains, note Libération, "ne disent rien, ils ont honte, cachent leurs médicaments. A l'inverse, pour les femmes, le centre de soins est un lieu de sociabilisation". Les femmes africaines s'adaptent donc en appréhendant mieux la maladie, car elles en parlent. En 2009, 13,7 millions de femmes étaient porteuses de ce virus sur ce continent.
Frédéric Lavignette