Budget de la « Sécu » : les patients épargnés

Alors que 12,8 milliards d'euros de déficit sont prévus en 2014 pour la Sécurité sociale, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a présenté hier un projet de loi de financement, qui va réclamer un effort de redressement de 8,5 milliards d'euros.

"Après avoir engagé cette année la réforme de deux branches (retraite et prestations familiales qui vont dégager 4,5 milliards de recettes nouvelles), le gouvernement se concentrer en 2014 sur la branche maladie, la plus déficitaire", prévient Libération (page 17). En 2013, le déficit de l'assurance maladie a en effet atteint 7,7 milliards, soit 57% du déficit du régime général. En 2012, rappelle le quotidien, il était de 44%.

L'objectif du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2014 est de le ramener à 6,2 milliards d'euros, et pour ce faire, explique Le Figaro (page 20), le gouvernement veut "brider" la croissance des dépenses d'assurance maladie à 2,4%. Même si ce taux est historiquement bas, poursuit Le Monde (page 7), il est possible de l'atteindre "puisque depuis 2010 les objectifs de dépenses sont systématiquement respectés". Mais pour le tenir, il faudra réaliser près de 2,9 milliards d'économies.

A cette fin, indiquent Les Echos (page 5), "l'industrie pharmaceutique subira une baisse du prix des médicaments de près de 1 milliard d'euros qui touchera à la fois les produits de marque et les génériques".

Les tarifs des radiologues et des biologistes n'échapperont pas non plus à la baisse (130 millions d'euros d'économies), et près de 600 millions d'euros seront dégagés grâce à la maîtrise médicalisée. Du côté de l'hôpital, 440 millions d'économies seront demandés, ce qui, selon Force ouvrière, laisse craindre des suppressions d'emplois.

"Le tour de vis sera exclusivement à la charge des professionnels de santé", observe Libération. Les assurés seront toutefois sollicités à travers la suppression partielle de l'exonération fiscale sur les complémentaires santé en entreprise : près de 12 millions de salariés devront en effet soumettre à l'impôt sur le revenu la participation de leur employeur à leur contrat collectif de complémentaire santé.

Ce PLFSS se promet donc d'épargner les patients, et même d'améliorer leur accès aux soins. Comme le note Le Monde, des critères "plus rigoureux pour les contrats solidaires et responsables des complémentaires" seront en effet fixés, et à ce titre, les dépassements d'honoraires pris en charge par ces contrats seront plafonnés. Par ailleurs, ajoute le journal, "les étudiants précaires et isolés pourront bénéficier de la CMU complémentaire".

Frédéric Lavignette