Budget 2014 : encore 20 milliards d’effort

Six milliards d’euros de prélèvements obligatoires supplémentaires et quatorze milliards d’économies sont au programme des efforts demandés aux Français pour boucler le budget 2014. Avec cette feuille de route des finances publiques présentée hier en Conseil des ministres, le gouvernement entend ramener le déficit à 2,9% du PIB à la fin de l’année prochaine, indiquent Les Echos (pages 2 et 3).

Pour convaincre la Commission européenne de "la crédibilité" de son scénario, le ministre des Finances, Pierre Moscovici, accompagnera à la fin du mois le programme de stabilité de la France d’un "programme national de réforme", document supposé montrer que le pays s’attaque aux problèmes structurels, commente Le Figaro (pages 20 et 21).

Sans trop préciser la nature des mesures à venir, l’exécutif a indiqué que les ménages, les entreprises et les collectivités seront sollicités tant du côté recettes que du côté dépenses, prévient Le Parisien/Aujourd’hui (page 5). Pour ce qui est des recettes, par exemple, aucun impôt nouveau ne sera créé, assure le ministère de l’Economie.

Il attend en revanche 2 milliards de la suppression de certaines niches fiscales et sociales et 2 à 3 milliards de l’intensification de la lutte contre la fraude fiscale. "D’autres ressources proviendraient également de l’introduction dès 2014 de mesures de fiscalité verte et d’éventuels effets de la réforme des retraites prévue pour cette année", écrit Libération (pages 16 et 17).

En ce qui concerne les dépenses, poursuivent Les Echos, les économies seront essentiellement supportées par l’Etat (7,5 milliards d’euros d’économies), les collectivités (1,5 milliard d’euros), mais aussi la Sécurité sociale, à hauteur de 1 milliard sur les retraites complémentaires, 1 milliard sur les prestations familiales et 3 milliards sur l’assurance maladie. Pour cette dernière, rapporte Le Figaro, "l’exécutif met en avant la limitation de la croissance des dépenses des cliniques grâce aux 133 millions d’euros qu’elles vont récolter par an en crédit d’impôt compétitivité". L’impact de sa "stratégie nationale de santé", qui vise à "mieux organiser le système autour du parcours du patient", pourrait également jouer son rôle. Des objectifs "ambitieux" qui interrogent Les Echos : "l’amélioration rapide des comptes sociaux" sur laquelle compte le gouvernement en vue d’un équilibre des différents comptes (maladie, retraites, famille, assurance-chômage) dès 2015 est-elle réaliste ?

Le fabricant des prothèses PIP face à ses victimes
Lors de la première journée du procès des cinq dirigeants de la société PIP qui s’est ouvert hier à Marseille, de nombreuses questions de procédure ont été posées, dont certaines pourraient conduire à un report. Le tribunal doit se prononcer ce matin sur la tenue ou non de ce procès, mais l’annulation semble "improbable" pour Le Parisien/Aujourd’hui (page 14).

Au-delà de ces débats de forme, cette première audience a été l’occasion de présenter Jean-Claude Mas, le président de l’entreprise qui a commercialisé les prothèses mammaires défectueuses. Hier, 310 des 5.000 victimes qui se sont constituées parties civiles ont fait le déplacement, indique Le Figaro (page 10). Pour les accueillir, au même titre que les 310 avocats présents pour ce "procès hors normes, le tribunal a fait aménager un mini-palais de justice dans le centre des congrès du Parc Chanot".

Et c’est devant cette vaste assemblée que le fondateur de la société "qui a sciemment inondé le monde avec des prothèses mammaires remplies d’un gel non conforme" a écouté le portrait qu’on tirait de lui. Jean-Claude Mas, écrit Libération (page 14), est décrit comme un "margoulin" caractériel et ambitieux, qui profite d’un vide réglementaire pour développer son entreprise de prothèses frauduleuses dans le Var, où il s’installe dans les années 1980.

"A la fin des années 90, complète le quotidien, pour payer moins d’impôts, il organise avec un fiscaliste un système de sociétés en cascade au départ du Luxembourg, passant par des paradis fiscaux." Bien moins coûteux que du gel médical, le gel industriel dont il garnit ses implants lui permet d’accroître ses marges et de s’enrichir. A l’énoncé de son état civil et du montant de sa retraite (1 800 euros par mois), des huées se sont élevées dans la salle d’audience, raconte Le Figaro.

Elles émanaient de ses victimes, dont l’une se dit persuadée d’avoir développé un cancer du sein "à cause de ces prothèses". "Quand on m’a opérée, dit-elle dans Le Figaro, on s’est rendu compte que la prothèse avait éclaté et que j’avais du silicone partout. Il a fallu gratter les côtes et les quatre ganglions qu’on m’a enlevés étaient cancéreux."

Frédéric Lavignette