Budget 2014 : 10 milliards d’impôts en plus pour les ménages

Le projet de loi de Finances (PLF) pour 2014 doit être présenté aujourd'hui en Conseil des ministres avec pour priorités la croissance et l'emploi. Selon Les Echos (page 2), ce budget prévoit un effort de redressement de 18 milliards d'euros, financé à 80% par une réduction des dé­penses publiques et à 20% par les recettes. En résumé, explique-t-on à Bercy, "cela revient à diviser par quatre le rythme d'évolution de la dépense des dix dernières années".

Dans les faits, la hausse des prélèvements obligatoires sera de 3 milliards d'euros l'an prochain, dont 1 milliard d'impôts nouveaux, les 2 autres émanant de la lutte contre la fraude. Cette "pause", écrivent Les Echos, "cache une hausse sensible des impôts pour les ménages et une baisse pour les entreprises bénéficiant d'un crédit d'impôt compétitivité (Cice) financé en partie par une hausse de la TVA".

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a déclaré hier, qu'il assumait "d'avoir été obligé d'augmenter les impôts", rapporte Le Figaro (page 22). Pour ce quotidien, les familles seront donc "encore sévèrement touchées en 2014", à commencer par les 6,4 milliards d'euros qu'ils devront débourser avec l'augmentation de la TVA au 1er janvier.

Avec la baisse du plafond du quotient familial à 1 500 euros, 1,3 million de foyers, soit 12% des familles avec enfants, verront leurs impôts augmenter. En moyenne, la hausse sera de 768 euros et l'exécutif économisera 1 milliard d'euros par an. La fiscalisation de la majoration de 10% pour les retraités qui ont plus de trois enfants, permettra quant à elle de dégager 1,2 milliard.

Pour ce qui est de la prestation d'accueil du jeune enfant (Paje), sa révision est inscrite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2014 qui doit être présenté demain : son montant devrait être divisé par deux.

En considérant également la hausse des cotisations retraite (qui rapporte 1 milliard d'euros), la suppression de la niche fiscale concernant les collégiens, lycéens et étudiants (450 millions d'euros d'économies), la modulation des allocations familiales de base (100 millions) ou encore le report de six mois de la revalorisation des pensions (600 millions d'économies), "les impôts des ménages augmenteront d'environ 10 milliards d'euros en 2014", calcule Le Figaro.

Médicaments : pourquoi les ruptures d'approvisionnement ?
Comment s'expliquent les ruptures d'approvisionnement de certains médicaments dans les pharmacies ? C'est à cette question que Les Echos (page 13) tentent de répondre à travers une enquête dont le constat de départ est "abrupt" : sur les 11.000 médicaments vendus en France, 5% sont chaque jour indisponibles dans les officines, quand ce n'est pas le double dans les hôpitaux.

Ce "problème sérieux de santé pu­blique", selon les termes du ministère de la Santé, est apparu au début des années 2000. Il concerne aussi bien les médicaments de maladies chroniques ou lourdes que les traitements essentiels (antibiotiques, corticoïdes, anticoagulants, vaccins…), voire les produits plus communs tels que le chlorure de sodium ou les somnifères.

Jusqu'ici, rapporte le quotidien économique, il n'y a pas eu de morts, "des malades ont au pire connu des complications dans leur état de santé", certaines interventions chirurgicales ont dû être retardées ou encore certains hôpitaux "ont dû limiter les prises de médicaments en ”procédures dégradées” et définir des patients prioritaires".

Toutefois, selon des données de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les ruptures et risques de ruptures de médicaments indispensables mettant en jeu le pronostic vital du patient sont passées de 44 en 2008 à 173 en 2012.

Les raisons de ces ruptures sont multiples. Bien souvent, observent Les Echos, il suffit d'une chute de brevet dans le domaine public pour que les laboratoires délocalisent ou sous-traitent leurs génériques ou leurs productions peu rentables.

L'augmentation de la demande internationale, avec "la forte croissance des pays émergents", explique l'économiste de la santé Claude Le Pen contribue également à la raréfaction des produits. D'autant qu'il suffit du moindre incident (catastrophe naturelle, accident industriel…) pour désorganiser l'ensemble de la production.

Les rapports entre industriels et grossistes sont également mis à l'index. Ces derniers, en France tout au moins, sont souvent soupçonnés d'acheter les médicaments à prix cassés, pour les revendre au prix fort dans certains pays.

Pour mettre un terme au problème plusieurs solutions sont à l'étude, indiquent Les Echos. L'Académie de médecine préconise par exemple l'interdiction des exportations de médicaments "sans équivalent thérapeutique ou à intérêt thérapeutique majeur", ainsi que la relocalisation des principes actifs. Une autre option, déjà expérimentée par l'ANSM, serait de contraindre les laboratoires à réactiver un médicament indispensable mais introuvable. Enfin, une meilleure information sur toute la chaîne semblerait des plus adaptées.

Etienne Caniard sut France 5
Interrogé en direct hier sur France 5 dans Le Magazine de la santé, Etienne Caniard s'est dit favorable à la généralisation du tiers payant chez les médecins de ville. "Aujourd'hui, a indiqué le président de la Mutualité Française, un certain nombre de Français, face aux difficultés économiques, ont du mal à faire l'avance des frais pour aller chez le médecin. Donc, tout ce qui contribue à diminuer le renoncement aux soins, et à faciliter l'accès aux soins, a un accueil favorable de notre part." Certes, reconnaît-il, "des mesures techniques sont à mettre en œuvre" pour éviter "que la généralisation du tiers payant se fasse au détriment des médecins". "Il ne faut pas que la mesure se traduise par une augmentation de leurs tâches administratives, poursuit Etienne Caniard. Leur mission est de soigner, pas de remplir des papiers. C'est pourquoi nous serons très vigilants pour que les solutions techniques satisfaisantes pour les médecins soient mises en avant."
Frédéric Lavignette