Budget : 10 milliards d’euros à trouver

L’article du Figaro d’hier, sur les "coupes drastiques" qu’envisage le gouvernement dans les dépenses de l’Etat, a produit son effet. Selon le quotidien, qui citait une note du ministère du Budget, l’exécutif envisagerait une réduction des effectifs de fonctionnaires ainsi qu’une baisse des dépenses de fonctionnement et d’intervention de certains ministères pour réaliser des économies.

D’après Le Figaro, les effectifs seraient ainsi diminués de 2,5% par an de 2013 à 2015 dans la plupart des ministères, sauf dans ceux de l’Education nationale, de la Justice et de l’Intérieur où, au contraire, 65.000 postes nouveaux sont annoncés. Le but de cette démarche étant de stabiliser les effectifs globaux de l’Etat.

D’après l’entourage du Premier ministre, rapporte Le Monde (page 12), les chiffres évoqués hier par le quotidien "ne sont pas ceux du gouvernement". Ces informations, ajoutent même des proches du ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, "sont complètement fausses, elles n’ont aucun sens et nous ne savons pas d’où elles sortent".

De son côté, mentionne Le Monde, le ministre du Travail, Michel Sapin, s’est positionné autrement en déclarant que "les chiffres avancés là ne sont pas forcément justes point par point". Et d’ajouter : "Il n’y aura pas de diminution globale du nombre de fonctionnaires. Mais je peux le dire autrement : il n’y aura pas d’augmentation globale du nombre des fonctionnaires".

Le chef de l’Etat, quant à lui, semble découvrir la situation, poursuit le quotidien. Interrogé sur ces réductions de dépenses, François Hollande "a paru étonné" au point de déclarer : "Si cela était le cas, j’en aurais été informé, tout de même."
Quelles que soient les intentions du gouvernement sur les effectifs de fonctionnaires, il est une chose sûre : il lui faut trouver 10 milliards d’euros "pour tenir l’engagement d’un déficit public limité à 4,5% en 2012", observe Le Monde.

Côté recettes, le gouvernement mise "sur des hausses d’impôts des grandes entreprises et des particuliers les plus aisés dans un premier temps", rappelle Libération (pages 2 à 4), comme annoncé dans le programme de campagne de François Hollande. Ces mesures seront votées dans le collectif budgétaire de juillet, mais elles ne seront effectives qu’à partir du 1er septembre. D’ici là, signalent Les Echos (page 6), un séminaire doit se tenir lundi à Matignon en guise de lettre de cadrage sur les grands principes d’évolution de la dépense de l’Etat.

Le juteux mariage du fast-food et de la médecine
Après l’épisode de la grippe H1N1 et le scandale du Mediator®, un nouvel événement illustre les liens d’intérêt entre les experts du secteur de la santé et le monde industriel. Mais cette fois, rapporte La Croix (page 5), ce n’est pas l’industrie pharmaceutique qui est concernée.

Le 6e congrès de médecine générale, qui se tient actuellement à Nice, est en effet sponsorisé par… McDonald’s et Coca-Cola. En échange de leur soutien, explique le quotidien, "ces deux firmes ont obtenu le droit d’organiser une ”session” lors du congrès". Ainsi, hier après-midi, la chaîne de fast-food invitait-elle les médecins à venir débattre du "contenu nutritionnel du repas", alors que le fabricant de soda proposera aujourd’hui une rencontre autour des "comportements hydriques" des Français.

Pour le porte-parole du Mouvement de désaliénation des médecins, Benjamin Cohadon, ce mélange des genres est "malsain" et il montre bien que "la médecine n’est pas uniquement soumise au lobby pharmaceutique, mais aussi, de plus en plus, à celui de l’industrie agroalimentaire".

Frédéric Lavignette