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Baisse de la vente des génériques : les pratiques des labos en cause

D'année en année, l'engouement des Français pour les médicaments génériques semble s'essouffler. Alors qu'elle s'établissait à 39% en 2003, la progression des ventes de ces médicaments a seulement atteint 5,8% en 2010. De ce lent déclin des ventes, le patient n'est cependant pas le seul responsable, explique Le Parisien/Aujourd'hui (pages 2 et 3).

Pour certains observateurs, ce ralentissement est largement imputable aux pratiques des laboratoires pharmaceutiques qui commercialisent des médicaments "princeps". En 2009, rappelle le quotidien, la Mutualité Française dénonçait déjà la "stratégie d'entrave" mise en œuvre par ces derniers. Rien n'a visiblement changé.

Dans un entretien qu'il accorde au journal, le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, déplore le maintien de certains "comportements". Les labo­ratoires et leurs visiteurs médicaux ne cessent, par exemple, de pratiquer le "dénigrement" afin de "freiner voire d'empêcher l'arrivée des génériques", déclare-t-il. "La pratique des “me too”, ces quasi-copies de médicaments mises sur le marché pour remplacer un médicament dont les brevets expirent, à toujours cours", regrette Etienne Caniard.

Le Dr Claude Leicher, président du syndicat MG-France, dénonce également les pratiques des "labos". Selon ce généraliste, les laboratoires "travaillent en étroite collaboration avec les associations de patients, pour un dialogue direct...". Leur influence va parfois jusqu'à gagner l'hôpital : "Des patients soignés avec des génériques, que nous envoyons à l'hôpital, en ressortent parfois avec une prescription de princeps. Pourquoi ? Parce que souvent les laboratoires offrent ces médicaments aux hôpitaux."

Dans ces conditions, Claude Leicher estime que le reproche fait à certains praticiens de ne pas prescrire suffisamment de génériques est un "faux procès". Il regrette le manque de ces spécialités sur le marché : "Quand on dit que les médecins ne prescrivent des génériques que sur 30% des ordonnances, c'est simplement parce qu'ils sont au maximum de ce qui est faisable, car les génériques ne représentent que 14% du marché des médicaments disponibles."

Pour Etienne Caniard, "si chaque fois qu'il existe un générique pour soigner un patient, il était prescrit par le médecin ou substitué par le pharmacien, l'économie pour la collectivité, c'est-à-dire l'assu­rance maladie, les complémentaires santé et les patients, aurait atteint en 2009 plus de 600 millions d'euros".
Pour stimuler leur développement, le président de la Mutualité Française préconise de limiter l'influence des laboratoires pour que les prescripteurs retrouvent "leur liberté", mais aussi de "renforcer les conditions de mise sur le marché des médicaments pour éviter de prolonger artificiellement la protection attachée à des brevets qui portent sur des produits quasi identiques aux précédents".

Frédéric Lavignette