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Assurance maladie : des remboursements inférieurs aux prévisions en 2012

Le chiffre que doit dévoiler l'assurance maladie dans quelques jours pourrait relever du "record", préviennent Les Echos (page 4). Il est vrai, ajoute le quotidien, que depuis trois ans, les frais pris en charge par l'assurance maladie tendent à être systématiquement inférieurs aux objectifs fixés par la loi.

Pour 2012, les dépenses de santé remboursées ont ainsi été inférieures de près de 1 milliard d'euros à ce qui était prévu dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) votée fin 2011. La progression des dépenses n'a en effet pas excédé les 2,5%, soit l'une des hausses les plus faibles depuis 1997. En 2011 déjà, la dépense avait été inférieure de 800 millions d'euros à l'objectif fixé par le Parlement.

Les soins de ville sont pour beaucoup dans ce ralentissement, car ils représentent un peu moins de la moitié de la dépense totale. "L'an dernier, détaillent Les Echos, les remboursements de médicaments étaient en baisse, le recul des volumes vendus s'ajoutant à des baisses de prix massives et à une montée en charge des génériques, vendus 60% moins cher que les médicaments de marque."

Fait nouveau : pour la première fois depuis 2006, les indemnités journalières versées aux salariés en arrêt maladie sont également en baisse, en raison d'un nouveau mode de calcul, moins avantageux pour les salariés. Une réforme "votée par la majorité précédente mais qui n'a pas été remise en question par la gauche", commentent Les Echos. Sans surprise, les arrêts maladie des salariés sont aussi en diminution, puisque les emplois sont moins nombreux du fait de la crise.

Les dépenses des consultations chez le médecin ont subi de leur côté une lé­gère hausse. L'augmentation est en re­vanche beaucoup plus prononcée pour les soins prodigués par les infirmiers, les kinésithérapeutes libéraux et les transports de malades. A l'hôpital, concluent Les Echos, les dépenses ont été "à peu près conformes aux prévisions".

L'Hôtel-Dieu nouvelle formule
Le plus ancien hôpital de Paris est promis à de sacrés bouleversements dans les deux prochaines années. Selon un rapport de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) qui doit être rendu public cette semaine, et que s'est pro­curé Libération (page 12), l'Hôtel-Dieu semble être dans la "dernière ligne droite" de sa métamorphose, pour reprendre l'expression du quotidien.

Sous la supervision du député Jean-Marie Le Guen (PS), président du comité de surveillance des établissements parisiens, les professeurs Jean-Yves Fagon et Pierre Lombrail préconisent dans ce document un passage à la vitesse supérieure. Depuis dix ans, en effet on parle de la fermeture voire de la transformation de cet établissement situé sur l'île de la Cité, en plein cœur de la capitale.

Cette fois, écrit Libération, la décision est ferme : "Le départ de tous les lits a été acté." L'Hôtel-Dieu deviendra donc un établissement "totalement ambulatoire". Mais pas seulement. D'abord, explique le journal, "sur les 55 000 mètres carrés actuels, les deux tiers accueilleront le siège de l'AP-HP, installé aujourd'hui dans l'avenue Victoria voi­sine." En vendant ses locaux occupés actuellement, l'AP-HP réalisera ainsi une "vaste opération immobilière".

Le tiers de l'espace encore disponible à l'Hôtel-Dieu (entre 15.000 et 20.000 mètres carrés) permettra de développer "un nouvel hôpital", explique ensuite le rapport. Il sera composé d'"un volet de soins et d'un volet santé publique". Dans le premier, on trouvera "une offre de secteur 1, ouverte à tous", ainsi que des consultations de médecine sans rendez-vous, des consultations spécialisées (cardiologie, pneumologie, VIH) et des "examens très pointus, comme le conseil génétique". Un département dépistage et prévention est également au programme.

"La plupart des services d'hospitalisation ont commencé à fermer" et ont été en grande partie transférés à l'hôpital Cochin, explique Libération. Pour ce qui est des urgences, elles resteront sur place mais seulement sous la forme d'un centre ambulatoire, confirme Jean-Yves Fagon. Quant au département de santé pu­blique, une dizaine d'équipes de re­cherches devraient le composer "pour créer une masse critique", au même titre que plusieurs universités.

Frédéric Lavignette