Après le Mediator®, le Di-Antalvic® n’est plus en vente

Le Di-Antalvic® (dextropropoxyphène), l'un des antalgiques les plus prescrits en France (8 millions de consommateurs) n'est plus en vente depuis hier, indique Le Figaro (page 11). L'annonce de son retrait avait été faite à la suite de l'affaire du Mediator®, lors de la publication de la liste des 77 médicaments et 12 familles de produits sous surveillance renforcée.

L'Agence européenne du médicament avait préconisé le retrait du Di-Antalvic® et de ses génériques en raison des surdosages mortels constatés en Grande-Bretagne (300 à 400 décès) et en Suède. En France, on dénombrait 65 morts par surdosage chaque année, dont 90% de suicides. Il y a quelques mois, l'Afssaps a publié de nouvelles recommandations, à l'attention des médecins, pour la prise en charge des douleurs aiguës et chroniques, rappelle Le Figaro.

Le retrait du marché du Di-Antalvic® va laisser un vide dans les armoires à pharmacie, contraignant les médecins à redéfinir leur stratégie antidouleur. Ce traitement de niveau 2 était généralement utilisé pour les douleurs rhumatismales, dentaires, post-chirurgicales et post-traumatiques. "Pour les médecins, c'est une excellente occasion de réévaluer la douleur de leurs patients, et de voir si du paracétamol à bonne dose peut suffire, estime, dans Le Figaro, le Pr Alain Serrie, spécialiste de la douleur à l'hôpital Lariboisière à Paris. Si un antalgique de niveau 2 est nécessaire, le choix se fait en fonction de l'historique de la personne." Cependant, aucun médicament de substitution ne semble idéal. "Environ 13% des gens ne métabolisent par la codéine, ce qui veut dire que cette molécule est inefficace pour eux. Quant au tradamol, il peut être mal supporté", précise le Dr Alain Serrie.

Depuis quelques semaines, les patients "accros" au Di-antalvic® se ruent dans les pharmacies pour faire des réserves de ce médicament, parfois pour "tenir deux ans", constate Le Figaro, dans un encadré. Julie, médecin, a réussi à se procurer 200 boîtes pour sa mère : "Agée de 79 ans, elle souffre de douleurs chroniques, et seul le Propofan® la soulage. En trois semaines, j'ai fait une vingtaine de pharmacies à Paris et en province. Une fois, j'ai même pu acheter 12 boîtes d'un coup !"

Par ailleurs, les médicaments contre la maladie d'Alzheimer, jugés peu efficaces par certains médecins, font actuellement l'objet d'une réévaluation anticipée par la Haute Autorité de santé (HAS), qui rendra son avis en juin, annonce le quotidien La Croix (pages 9 et 10).

Hôpital : facture en hausse pour le patient
"Et une dépense de plus pour le patient hospitalisé !" calculait hier un reportage du journal de 13 heures de France 2 au sujet du relèvement du seuil d'application du ticket modérateur forfaitaire sur les actes lourds. Réglée par le patient, cette participation forfaitaire de 18 euros s'applique désormais à partir d'un montant d'actes égal à 120 euros, contre 91 euros auparavant. En dessous de cette somme, le patient s'acquitte du ticket modérateur classique de 20% à l'hôpital. Autrement dit, alors qu'il payait (ou sa complémentaire) au maximum 18 euros sur un acte lourd, il peut aujourd'hui débourser jusqu'à 24 euros, soit 33% de plus, avant d'être pris en charge intégralement par la Sécurité sociale.

"Cette hausse, les patients devront évidemment la régler à travers leur cotisation de mutuelle", poursuit la journaliste. "En 2011, ce sont entre 7 et 8% de charges supplémentaires qui vont être appliqués sur les cotisations des mutuelles, a précisé le président de la Mutualité Française, Etienne Caniard, au cours du même journal télévisé. Iné­vitablement, elles seront répercutées cette année ou l'année prochaine, tout dépend l'équilibre financier de chacune de nos mutuelles, parce que celles-ci ne peuvent pas être gérées en déficit comme l'est l'assurance maladie." Les associations de consommateurs soulignent que les patients les plus modestes auront donc de plus en plus de mal à se soigner. "Nous sommes déjà très mal remboursés par la Sécurité sociale pour les consultations de spécialistes, les soins dentaires, de kiné et les lunettes. Cette nouvelle augmentation, c'est grave...", regrette une assurée sociale.
John Sutton