Alcoolisme : un traitement à l’essai

Les addictions à l'alcool seraient-elles en passe de trouver leur traitement ? Si l'on en croit Le Monde (page 3), le nom du futur remède permettant de lutter contre l'alcoolisme, voire contre toute autre dépendance, pourrait s'appeler le baclofène. Fortement popularisé il y a huit mois par la publication d'un livre du Pr Olivier Ameisen intitulée "Le Dernier verre", le baclofène "intéresse désormais les autorités sanitaires". Pourtant, cette molécule n'a nullement été conçue comme mode de sevrage mais comme relaxant musculaire. Elle est généralement prescrite pour soulager les contractures douloureuses qui accompagnent certaines paralysies.

Mais depuis que ce cardiologue a raconté "comment il s'est libéré de son envie irrépressible de boire en s'autoprescrivant de fortes doses de baclofène", Olivier Ameisen ne cesse de répondre à des centaines de mails de malades qui souhaitent se débarrasser de leur dépendance, raconte Le Monde. D'autres témoignent aussi de l'efficacité de ce médicament.

De son côté, l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) déconseille son administration "en dehors des indications traditionnelles", indique Le Monde. Toutefois, le chef de service en psychiatrie à l'hôpital Paul-Guiraud de Villejuif (Val-de-Marne), déclare ouvertement en prescrire, tout comme d'autres médecins.

Pour l'heure donc, le baclofène n'a pas d'autorisation de mise sur le marché dans l'indication du sevrage alcoolique. Mais, comme le signale le journal, "dans la liste des projets retenus au titre du programme hospitalier de recherche clinique (PHRC), discrètement publiée le 29 mai, figure un essai clinique visant à évaluer l'efficacité de cette molécule chez les patients alcoolo-dépendants".

Cette étude sera lancée dans quelques mois par l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Elle va faire appel à 210 patients alcooliques : 105 d'entre eux seront placés sous traitement à la posologie de 90 mg par jour et 105 autres seront sous placebo. Pour Olivier Ameisen, cet essai clinique est d'ores et déjà "voué à l'échec à cause de l'insuffisance de la dose". Selon lui, pour que le baclofène soit efficace, les doses doivent atteindre progressivement 150 mg par jour.

Une mission pour les maisons de santé
La ministre de la santé a confié au Pr Guy Vallancien, chef du service d'urologie et de néphrologie de l'Institut Mutualiste Montsouris (IMM), une mission pour "formuler des propositions concrètes" en faveur des maisons de santé, indique La Tribune (page 5). Ces établissements présentés comme "l'antidote aux déserts médicaux qui menacent les campagnes et certaines banlieues françaises" peinent à se mettre en place, "en dépit de l'incitation financière existante", explique le quotidien.

L'objectif de cette mission est d'"accélérer le développement de ces établissements de proximité qui proposent une offre de médecine libérale autour de généralistes et de personnels paramédicaux (infirmières, kiné, orthophonistes)...".

Pour l'heure, Guy Vallancien envisage la création d'un label "Maison de santé" qui impliquera "le respect de certaines obligations comme le travail partagé entre médecins et paramédicaux, la permanence des soins ou l'évaluation des pratiques".

Frédéric Lavignette