Affections de longue durée : retrait des mesures annoncées

"L’affaire est close et ne devrait pas resurgir telle quelle à court terme", estime Le Figaro (page 21). En effet, le conseil de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) a demandé "à l’unanimité" le retrait des mesures préconisées par son directeur, Frédéric van Roekeghem. Elles visaient à rembourser à 35% au lieu de 100% les médicaments à "vignette bleue" prescrits aux patients souffrant d’une affection longue durée (ALD). "Nous retirons cette proposition, nous suivons le conseil", a indiqué la direction de la Cnam, citée dans La Tribune (page 24). Dans un communiqué commun, le conseil "estime que la question de l’évolution de notre système de santé et de son financement doit s’appuyer sur un débat de fond du conseil dans des délais raisonnables, en partie sur la question des ALD". Le Figaro rappelle que pour le président de la Mutualité française, Jean-Pierre Davant, la prise en charge des maladies chroniques nécessite une "réforme d’ensemble et non un simple rapiéçage financier".

L’Union nationale des organismes d’assurance maladie complémentaire (Unocam) est également montée au créneau. Comme le souligne La Tribune, elle considère que les annonces faites par le directeur général de l’assurance maladie sont "contraires au grand débat annoncé par le président de la République, mais jamais organisé, sur ce qui doit être financé par la solidarité nationale ou par les organismes complémentaires". L’Unocam conteste en outre la "“sincérité“ de ceux qui prétendent qu’un transfert de plus de 300 millions d’euros sur les complémentaires sera sans conséquences sur les dépenses des ménages", poursuit ce quotidien.

Médicaments en libre accès
Dès la semaine prochaine, plus de 200 médicaments vont être vendus en libre accès dans les pharmacies. Que ce soit les sirops antitoux, les comprimés contre le mal de tête, les patchs de sevrage antitabagique, aucun ne sera remboursable par la Sécurité sociale et tous seront délivrables sans ordonnance, explique Le Parisien/Aujourd’hui (page 4.)

Pour Les Echos (page 18), les patients pourront comparer les tarifs, "et donc, en théorie, mieux faire jouer la concurrence, ce qui ferait baisser les prix". C’est en tout cas "le pari de Roselyne Bachelot", souligne Le Parisien/Aujourd’hui. "Sauf que rien n’est joué".

En effet, les pharmaciens ne semblent pas pressés, explique ce quotidien. Ils jugent la mesure assez "mauvaise" dans la mesure où elle "banalise le médicament". De leur côté, les laboratoires déplorent que la liste de médicaments en accès libre soit "trop limitée"…

Question tarifs, les industriels évoquent un recul limité parce que "la concurrence existe déjà", déclare Vincent Cotard, président de l’Afipa – qui regroupe les laboratoires spécialisés de l’automédication – dans Les Echos. Selon ce quotidien économique, le prix final d’un médicament dépend surtout du choix du fournisseur. En général, "les achats réalisés directement auprès du laboratoire sont plus avantageux que les commandes passant par l’intermédiaire des grossistes". La quantité de boîtes achetées par l’officine fait également varier le prix de 15 à 40%. D’où, parfois, de grandes disparités de prix entre les pharmacies, constatent Les Echos. Les conséquences de cette nouvelle mesure sur le pouvoir d’achat des Français ne devraient pas être spectaculaires dans la mesure où leurs dépenses en automédication n’excèdent pas, en moyenne, 27 euros par an.

Frédéric Lavignette