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Accompagner une personne en fin de vie

Les députés examinent aujourd'hui une proposition de loi visant à créer une allocation journalière pour permettre à un proche d'accompagner une personne en fin de vie. L'adoption de ce texte à l'unanimité en commission laisse présager un vote consensuel en séance publique. Il prévoit une allocation de 47 euros par jour durant trois semaines maximum (15 jours ouvrables) à un proche (parent, enfant, frère, soeur ou personne partageant le domicile du patient), cessant de travailler en vue d'accompagner, à domicile, un malade "en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable", rapporte Le Figaro (page 10). "Nous avons choisi des critères qui soient les plus larges possibles pour n'exclure personne", souligne, dans Les Echos (page 2), Gaëtan Gorce (PS), l'un des quatre députés à l'origine de cette proposition de loi.

Ce texte reprend l'une des mesures-phares du rapport du député UMP, Jean Leonetti, remis au Premier ministre le 3 décembre dernier. Jusqu'à présent, le congé de solidarité familiale permettait déjà à un salarié de s'absenter pour assister un proche en fin de vie. Mais ce dispositif n'était pas rémunéré, ce qui en limitait naturellement la portée.

Cette mesure devrait concerner 20.000 personnes par an, pour un budget de 20 millions d'euros, précise le quotidien Les Echos (page 2). Elle serait entièrement financée par l'Etat et sa gestion serait confiée à l'assurance maladie. Selon les quatre députés auteurs de la proposition, "une partie de ce coût sera compensée par la réduction du nombre d'arrêts de travail, dont bénéficient les accompagnants", car jusqu'à présent, les gens en étaient "souvent réduits à demander à leur médecin des arrêts de travail", afin de ne pas perdre la totalité de leurs revenus. "Récemment, j'ai accordé un arrêt de trois semaines à une de mes patientes afin qu'elle puisse trouver une unité de soins palliatifs pour son papa", témoigne un médecin généraliste des Hauts-de-Seine dans Le Figaro. De plus, estime le Pr Régis Aubry, la mesure permettrait aussi "d'économiser le coût des "deuils compliqués" soit les maladies chroniques et dépressions dont souffrent les personnes qui perdent un proche sans avoir pu l'accompagner".

Seule voix discordante, celle de Jean-Luc Romero, président de l'Association du droit à mourir dans la dignité, qui trouve les conditions d'attribution trop restrictives. "Cette mesure va dans le bon sens (...) mais vu les restrictions, c'est de la poudre aux yeux, estime-t-il. Cela, va toucher 4% des mourants. Que fait-on de tous les autres qui ne peuvent pas rester à domicile, par exemple ?"

Stress : manque de reconnaissance
Dépression, anxiété, stress... des maux de plus en plus répandus dans les entreprises. Selon une enquête de l'Institut de veille sanitaire, dont les premiers résultats ont été dévoilés dans le magazine Santé et Travail de janvier, l'absence de reconnaissance est au coeur de la souffrance au travail. Un constat qui remet en cause les pratiques de management et les modes d'organisation du travail actuels, souligne le quotidien Les Echos (page 13). Certains DRH en ont conscience. Ainsi 82% des membres de l'Association nationale des directeurs et responsables des ressources humaines (ANDRH) jugent que "développer une vraie politique de reconnaissance au travail" est une arme contre le stress. "Il faudrait créer des espaces de discussions, où les salariés puissent parler de leur travail", propose Christophe Dejours, directeur du laboratoire de psychologie du travail au Conservatoire national des arts et métiers. "Mais pour que les managers puissent les entendre, ils doivent être davantage formés aux sciences humaines, la psychologie et la sociologie du travail, l'ergonomie, etc.", ajoute Christophe Dejours.

John Sutton