90% des assurés sociaux ont une complémentaire santé

Le nombre d'assurés sociaux bénéficiant d'une couverture complémentaire a triplé en vingt ans, pour atteindre désormais 9 personnes sur 10. Pourtant, selon une enquête de l'Insee publiée aujourd'hui, cette généralisation n'a pas effacé totalement les inégalités d'accès aux soins, rapporte La Tribune (page 33).

Si la complémentaire santé s'est diffusée dans l'ensemble de la population, elle reste fortement corrélée à l'âge, au niveau de vie, à la situation familiale et à l'origine des assurés, souligne l'Institut national de la statistique. Ainsi, c'est parmi les jeunes que le taux de non-couverture (14% des 18-29 ans) est le plus fort, du fait en particulier de la perte du bénéfice de la mutuelle de leurs parents, de revenus plus faibles, et d'une meilleure santé en général, souligne La Tribune.

Le bénéfice d'une complémentaire est également lié au niveau de vie des assurés : près d'un quart des individus (21%) faisant partie des 20% de ménages ayant le niveau de vie le plus faible déclaraient ne pas avoir de complémentaire en 2003, contre 4% des assurés issus des 20% des ménages les plus riches. Plus surprenant, note La Tribune, les professions intellectuelles supérieures libérales, comme les avocats ou les architectes, sont la catégorie socio-professionnelle qui a le risque le plus grand de ne pas avoir de couverture (3,7 fois plus de risque qu'une secrétaire de direction par exemple).

La situation familiale joue également un rôle : 13% des personnes appartenant à une famille monoparentale n'ont pas de mutuelle, contre 5% de celles vivant en couple avec deux enfants. Quant au taux de couverture des étrangers, il reste très inférieur à celui des Français d'origine : 46% des Africains hors Maghreb, 42% des Maghrébins vivant en France, 33% des ressortissants européens hors Union européenne ne sont pas protégés, contre 8% des Français, indique l'Insee.

Toutes ces inégalités dans l'accès à une complémentaire ont bien évidemment des répercussions sur le recours aux soins. Les personnes non couvertes sont deux fois plus nombreuses à ne pas avoir consulté de médecin au cours des douze derniers mois. Elles se considèrent également en moins bonne santé…

John Sutton

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