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3,3 millions de Français sans complémentaire en 2012 selon l’Irdes

C'est une évolution inquiétante : de plus en plus de Français ne disposent pas d'une complémentaire santé. Dans un entretien aux Echos (page 4), le président de la Mutualité Française cite une étude de l'Irdes qui montre qu'en 2010, 2,8 millions de personnes n'avaient pas de complémentaire alors que ce nombre a atteint 3,3 millions en 2012, soit 20% de plus !

"Jusqu'à présent, l'accès à la complémentaire santé progressait de façon continue, grâce au développement des contrats collectifs dans les entreprises, à la remontée des seuils pour bénéficier d'une aide à la complémentaire, mais aussi parce que les mutuelles sont indispensables à cause des reculs de la Sécurité sociale. Ce renversement de tendance qui, selon nos chiffres, se poursuit depuis 2012, s'accompagne d'un moindre niveau de protection dans tous les nouveaux contrats souscrits, ce qui ne peut qu'accentuer le renoncement aux soins", regrette Etienne Caniard dans le quotidien économique.

Certes, admet-il, l'accès aux soins devrait être facilité en 2016 pour certains salariés qui, dans le cadre de l'accord national interprofessionnel (Ani), se verront dotés d'un contrat collectif. Malheureusement, prévient Etienne Caniard, cet accord ne concerne que 4 millions de salariés dont 3,6 sont déjà détenteurs d'un contrat individuel. "En fin de compte, conclut-il, ce sont seulement 400.000 salariés qui, à terme, accéderont à une complémentaire grâce à ce dispositif."

Une des principales raisons expliquant cette tendance à la démutualisation réside dans la pression fiscale croissante pesant sur les mutuelles. "Elle est passée de 1,75% en 2005 à 13,27% en 2012 pour les contrats responsables. Autant de taxes qui, au final, pèsent sur les Français", déplore le président de la Mutualité Française. Par ailleurs, poursuit-il, "on a augmenté nos prélèvements pour abonder le Fonds de la couverture maladie universelle (CMU). Alors que ce fonds était financé par l'Etat à 80% en 2002, les 2 milliards d'euros actuels proviennent à 97% des complémentaires. C'est un cercle vicieux. Nous devons augmenter les cotisations pour faire face à ces prélèvements. Résultat, on renvoie plus de monde vers le filet de sécurité de l'aide à la complémentaire santé et de la CMU, ce qui accroît encore nos coûts."

Pour mettre fin au renchérissement de la couverture complémentaire, et donc favoriser l'accès aux soins, le président de la Mutualité propose une baisse de "7 à 5%" de la taxe spéciale sur les conventions d'assurances (TSCA). En outre, telle une "évidence", la généralisation du tiers payant permettra de lutter contre le renoncement aux soins. La Mutualité Française travaille actuellement "à simplifier les procédures pour les professionnels de santé". "Tous les pharmaciens le pratiquent et pas un ne songerait aujourd'hui à revenir en arrière car ils sont conscients des avantages apportés, notamment en termes de garantie de paiement", fait valoir le président de la Mutualité Française. "Il y a encore des réticences culturelles dues à une vision dépassée de la médecine libérale, mais le refus du tiers payant de la part de certains médecins s'explique surtout parce qu'il est un redoutable révélateur des dépassements d'honoraires", affirme-t-il.

Favoriser l'accès aux soins passe aussi par une politique des tarifs. L'an dernier, a rappelé ce matin Etienne Caniard sur Radio classique, les dépassements d'honoraires ont encore augmenté de 2,9%. Par conséquent, "il faut vraiment revoir le système conventionnel et laisser les mutuelles discuter avec les médecins, car on ne peut pas diminuer le reste à charge des Français s'ils ne savent pas ce qu'ils vont payer à l'issue de leur consultation".

 

Sécu : la Famille mise à contribution

Les différentes mesures annoncées hier par la ministre des Affaires sociales pour tenter de réduire le déficit de la Sécurité sociale, ne sont pas passées inaperçues, surtout du côté des familles, en partie visées par les restrictions.
En effet, écrivent Les Echos (page 2), pour faire reculer le déficit du régime général et le Fonds de solidarité vieillesse (FSV) à 13,4 milliards d'euros l'an prochain (contre 15,4 milliards de déficit actuellement), "le gouvernement a notamment prévu de faire des économies sur la branche famille, à hauteur de 700 millions d'euros. Cela permettra de ramener le déficit de la branche de 2,9 milliards d'euros à 2,3 milliards".

Pour le gouvernement, relève Le Figaro (page 2), la ligne de conduite du gouvernement est simple : "Recibler les aides quand elles profitent aux plus aisés." En d'autres termes, traduit le quotidien : "Les ménages favorisés verront encore une fois leurs aides fondre. Quel que soit l'âge de leurs enfants."

Afin de faire des économies, une des mesures retenues vise à diviser par trois la prime de naissance versée à compter du deuxième enfant. Actuellement de 923 euros, elle sera ramenée à 308 euros "pour les deuxièmes naissances et les suivantes, pour les enfants nés à compter du 1er janvier 2015". A elle seule, note Libération (pages 12 et 13), elle doit permettre d'économiser 250 millions d'euros.

Le gouvernement souhaite également allonger le congé parental du père à partir du second enfant pour les enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2015. "Mais comment ? De combien ? On nous annonce des décrets, toujours des décrets. Mais alors quelles économies espérer tirer de ce congé ?", s'interroge Libération.

L'exécutif "entend aussi décaler de 14 à 16 ans l'âge de majoration des allocations familiales, rapporte La Croix (page 8). Enfin, il est prévu de réduire les aides à la garde d'enfant accordées aux familles les plus aisées".

C'est "un sacrifice de la famille sur l'autel de la réduction des déficits", déclare Familles de France dans Le Figaro. Dans le même sens, l'Union des familles laïques (Ufal) considère ces annonces comme "un détricotage de la politique familiale française sans autre objectif que de réaliser des économies". Quant aux Associations familiales catholiques (AFC), elles évoquent une "destruction de tout climat de confiance".

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)