Complémentaires santé : un secteur en recomposition

Grandes manœuvres dans le secteur de la protection sociale ! Le 16 décembre, le groupe Humanis a annoncé avoir achevé sa construction, rapporte Le Monde Economie & entreprise daté de samedi (page 5). "Au terme des opérations de fusion, Humanis est doté d’une architecture industrielle et de gouvernance adaptée aux besoins différenciés de chacun de ses membres et de plateformes industrielles et d’expertise de premier plan au service de dix millions de personnes protégées et de 700.000 entreprises et de ses partenaires", précise un communiqué de presse daté du 16 décembre.

Au même moment, la Mutuelle générale et Malakoff Médéric réaffirment "leur volonté de construire ensemble un groupe leader de l’assurance de personnes à but non lucratif", poursuit le supplément économique du Monde. Toutefois, les deux partenaires reconnaissent que "des difficultés opérationnelles" sont apparues "au cours des dernières semaines et nécessitent du temps afin d’adapter le fonctionnement du futur ensemble".

"Ces frictions ont coûté à Guillaume Sarkozy son spectre chez Malakoff Médéric", rappelle le quotidien. Selon des observateurs, "un patron neutre" est désormais nécessaire pour mener à bien la fusion. Malakoff Médéric et la Mutuelle générale ont d’ailleurs décidé, dans les prochaines semaines, d’"approfondir plusieurs sujets qui conditionnent le succès de ce rapprochement".

Par ailleurs, rappelle le quotidien, le groupe MGEN et Harmonie mutuelle annonçaient, en juillet dernier, avoir atteint "une phase opérationnelle qui aboutira à la formation formelle du groupe, début 2016". "Les délégués ont compris combien notre ambition est 100% mutualiste", soulignait le président du groupe MGEN, Thierry Beaudet.

"Les pouvoirs publics ont demandé aux prestataires de renforcer les garanties minimales offertes aux assurés. Sachant que le 1er janvier 2016 verra à la fois l’entrée en vigueur d’un cadre prudentiel exigeant pour l’assurance (Solvabilité 2) et la généralisation de la mutuelle obligatoire à toutes les entreprises", rappelle Le Monde. La généralisation de la complémentaire "risque de rebattre les cartes entre les institutions de prévoyance – qui gèrent la santé et la prévoyance dans le cadre de contrats collectifs – et les mutuelles, plus tournées sur l’offre individuelle", souligne le quotidien du soir.

Deuxiemeavis.fr : un site qui fait polémique

Un nouveau site Internet (www.deuxiemeavis.fr) propose aux malades un deuxième avis médical, moyennant 295 euros la consultation (dont 120 euros versés au médecin expert), non remboursés par la Sécu, précise Le Parisien/Aujourd’hui de samedi (page 10). Parmi les membres de son conseil scientifique figurent le Pr Laurent Degos, vice-président de l’Institut Pasteur, et le Pr Didier Sicard, ancien président du Comité national d’éthique.

Ce site est dénoncé par les syndicats médicaux. "C’est très délicat pour un médecin de se prononcer sans voir le patient, sans l’écouter et sans faire d’examen clinique", estime, dans La Croix (page 9), Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF. Une critique réfutée par le Dr Jacques Lucas, vice-président de l’Ordre national des médecins, pour qui "il est possible de rendre un avis d’expertise à partir d’un dossier médical complet". "C’est mieux d’être conseillé par son médecin que par Internet", persiste le président de la CSMF. "Un faux argument", réplique, dans La Croix, Claude Rambaud, vice-présidente du Collectif interassociatif pour la santé (Ciss) et membre du conseil scientifique du site www.deuxiemeavis.fr.

Mais c’est aussi, et surtout, le tarif de 295 euros par consultation, qui pose problème. "J’ai accepté de m’engager, car j’étais intéressé par cette démarche visant à lutter contre certaines inégalités de santé, reconnaît, dans La Croix, le Pr Didier Sicard. Mais à l’époque, je n’étais pas informé de ce tarif que je découvre aujourd’hui. Et j’avoue être troublé, car un tel montant ne me semble guère compatible avec cet objectif de favoriser un meilleur accès aux soins."

"Le tarif est très élevé, c’est vrai, et on espère que des mutuelles vont prendre en charge les patients qui en ont besoin", rétorque Claude Rambaud. "Notre modèle économique, c’est que la consultation soit prise en charge par les complémentaires santé", indique Pauline d’Orgeval, cofondatrice de deuxiemeavis.fr Sollicité par Le Parisien/aujourd’hui, le ministère de la Santé rappelle qu’il s’agit "d’un projet d’initiative entièrement privée, sans soutien financier public".

En bref

Social

– "Laurent Berger (CFDT) met en garde le gouvernement." Il doit "commencer par demander des comptes" au patronat sur l’emploi et ne "pas céder à la pensée unique, selon laquelle le problème est le coût du travail, comme le dit le Medef", estime le secrétaire général de la CFDT, dans un long entretien au Journal du dimanche page 3.

– "Unedic : les règles ajustées avant la grande renégociation." Après s’être mis d’accord sur le prolongement de l’actuelle convention jusqu’à juin 2016, syndicats et patronat lanceront fin janvier les discussions sur l’assurance chômage. Les Echos page 2.

– "Le Medef perd son pompier social." Jean-François Pillard abandonne son mandat au Medef. Un départ qui fragilise et inquiète l’Elysée, selon Libération pages 16 et 17.

– "Attentats : les cellules psy toujours saturées." Un mois après les attentats du 13 novembre, de nouveaux patients se présentent chaque jour dans des services médico-psychologiques débordés. Le Monde de samedi page 10.

– "Accord amiable ou plan social ?" Les ruptures conventionnelles explosent depuis 2012. Des entreprises en abusent pour éviter les licenciements économiques et les départs en retraite. Le Journal du dimanche page 21.

Santé

– "Zika, la nouvelle menace venue des moustiques." Deux cas de ce virus ont été détectés en Guyane et en Martinique. Selon le ministère de la Santé, le risque est élevé de le voir s’installer "dans les départements métropolitains où le moustique Aedes albopictus est implanté". Le Figaro page 7.

Economie

– "Ramsay Générale de santé renforce sa position de leader hospitalier français." Le groupe acquiert neuf cliniques du groupe nordiste HPM. Il devrait assurer 1,1 million de séjours hospitaliers par an, soit plus que l’AP-HP. Les Echos page 16.

John Sutton

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