Complémentaire santé : remettre en place des principes de solidarité

Le nombre d'entreprises n'ayant pas encore équipé leurs salariés dans le cadre de la généralisation de la complémentaire santé est assez peu élevé. C'est ce qu'a indiqué hier, à 12h30, sur BFM-Business, le président de la Mutualité Française, précisant qu'il s'agit essentiellement de petites ou très petites entreprises. Lors de cet entretien en direct, Etienne Caniard a souligné que le terme de généralisation n'est pas tout à fait adapté à la situation, puisque de nombreux Français n'ont toujours pas de couverture santé.

Pour une véritable généralisation, "il faut remettre en place des mécanismes de mutualisation. Or, aujourd'hui, et c'est la tendance des pouvoirs publics depuis quelques années, on segmente le marché en différents groupes", déplore-t-il.

Parmi ces groupes figurent notamment les retraités. Certains doivent débourser "plus de 10% de leurs revenus, ce qui est phénoménal", notamment parce que les contrats individuels ne bénéficient d'aucune aide publique, à la différence des contrats collectifs.

Quelques chiffres pourraient "faire réfléchir les décideurs", observe Etienne Caniard. D'abord, "on renonce deux fois plus aux soins, quand on n'a pas de complémentaire. Or, "entre 2010 et 2012, on est passé de 4,2% de la population sans complémentaire à 5%", ce qui correspond à 500.000 personnes parmi les plus fragiles". La question qui se pose est donc : "Que faire pour limiter le nombre de Français qui n’en ont pas ?"

Il faut tout d'abord remettre "de la cohérence dans l’ensemble des aides", afin de les orienter vers ceux qui en ont le plus besoin, insiste le président de la Mutualité Française. Etienne Caniard plaide également pour la mise en place de "mécanismes de solidarité entre les générations", par exemple en "taxant différemment les contrats selon leurs statuts d'obligation de solidarité intergénérationnelle".

Interrogé sur le panier de soins minimum des contrats d'entreprise, Etienne Caniard observe qu’il "n'est pas si bas que ça", même si la couverture peut sembler plus faible par rapport aux garanties proposées par les contrats collectifs déjà existants. Ces derniers, "précisément, remboursaient parfois trop et concouraient à l'inflation", explique Etienne Caniard, qui souligne que "la situation n’est pas la même à Paris, où les dépassements d'honoraires sont extrêmement fréquents et dans le Limousin ou en Bretagne où il y en a beaucoup moins". Pour les entreprises de ces régions, le choix d’une complémentaire est différent car, "l'environnement ne nécessite pas des prises en charge très élevées".

Bientôt un œil bionique pour les Français

Un premier patient français atteint de cécité pourrait prochainement retrouver la vue grâce à l'"Alpha IMS", un dispositif électronique développé par la société allemande Retina Implant. Pour le moment, seule une cinquantaine d'Allemands et une Britannique ont pu bénéficier de cet "œil bionique" pour lutter contre la rétinite pigmentaire.

En France, 40.000 personnes sont atteintes par cette maladie génétique dégénérative de l'œil, rappelle Le Parisien/Aujourd’hui (page 10), "qui se caractérise par une perte progressive et graduelle de la vision évoluant généralement vers la cécité". Principale cause de cécité en Europe, poursuit le quotidien, "cette dégénérescence rétinienne aboutit à la destruction des photorécepteurs situés au fond de l'œil qui transforment le signal électromagnétique de la lumière en signal nerveux permettant la vision".

Fin comme un cheveu, l'Alpha IMS intervient justement à cet endroit, sous forme d'une puce de 3 millimètres de côté qu'on implante sous la rétine. Lorsque la lumière pénètre dans l'œil, elle est captée par l'implant qui la convertit en signaux électriques avant de les amplifier et de les transmettre à la rétine par une électrode. De là, les signaux électriques suivent leur parcours naturel, passant par le nerf optique, jusqu'au cerveau où se forment les images.

"Tous les patients ne sont pas éligibles à cette opération", prévient Le Parisien/Aujourd'hui. En effet, l'implant s'adresse à des personnes qui sont devenues complètement aveugles ou qui ne perçoivent plus que la lumière. Il est aussi nécessaire d'avoir vu par le passé. De plus, aucune autre maladie ne doit avoir endommagé la rétine, le nerf oculaire ou le centre de la vision dans le cerveau.

La discrétion du dispositif est un atout supplémentaire : à l'exception d'une "petite bobine à l’arrière de l'oreille et d'un câble fin" permettant de régler le contraste, Alpha IMS est insoupçonnable et ne nécessite pas de lunettes pourvues de caméra.

En bref

Social

– "Les médecins prescrivent encore les noms de marque de médicaments." Depuis le 1er janvier 2015, les médecins doivent indiquer sur l’ordonnance la dénomination commune internationale (DCI) des médicaments prescrits. Selon une étude publiée par l’UFC-Que choisir, 73% des 2.729 médicaments prescrits sur 815 ordonnances étudiées l’étaient sous leur seul nom de marque. Le Figaro page 10.

Santé

– "La pilule innocentée dans les malformations congénitales." Selon une étude publiée hier par des chercheurs danois et américains, prendre une pilule contraceptive avant ou au début d’une grossesse n’augmente par le risque de malformations congénitales chez le bébé. Une conclusion qui contredit les résultats de certaines études publiées dans le passé, et qui a été obtenue après avoir étudié près de 900.000 naissances au Danemark entre 1997 et 2011. Le Figaro page 10.

– "Condamné pour refus de vaccination." Un couple a été condamné hier à deux mois de prison avec sursis pour avoir refusé de faire vacciner ses deux enfants contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP), ce qui est obligatoire en France. L’affaire était allée jusque devant le Conseil constitutionnel, en mars, où les Sages avaient considéré la vaccination obligatoire conforme "à l’exigence constitutionnelle de protection de la santé". Le Parisien/Aujourd’hui page 10.

– "Davantage de dépistage des cancers génétiques." Selon l’Institut national du cancer (INCa), plus de 50.000 consultations destinées à dépister un terrain génétique favorable au cancer ont été effectuées en France en 2014, soit une hausse de 18% par rapport à l’année précédente, conduisant à un allongement des délais d’attente. Les plus connues des mutations génétiques sont les mutations BRCA1 et BRCA2 qui augmentent très sensiblement le risque de cancer du sein ou de l’ovaire. Le Parisien/Aujourd’hui page 10.

Et aussi

– Depuis que le professeur Jean-Louis Megnien, un cardiologue de 54 ans, s’est défenestré, le 17 décembre, à l’Hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, partisans et opposants de l’actuelle direction se déchirent sur les responsabilités des uns et des autres dans ce drame. Le Monde page 10.

– Selon le rapport 2015 publié mercredi par l'Association internationale des superviseurs d'assurance (IAIS), le secteur de l'assurance et de la réassurance a continué de bien se porter en 2015. Les Echos page 26.

 

 

 

Frédéric Lavignette

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)