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Quand la prise en charge de la douleur devient un droit

En France, la lutte contre la douleur, notamment chez les enfants, a fait l'objet d'une reconnaissance tardive de la part des pouvoirs publics et du corps médical. Le mouvement mutualiste a rapidement pris conscience de cette lacune et s'est engagé auprès des patients au travers de ses services de santé. Les premières expérimentations datent de la fin des années 1980.

La clinique mutualiste La Sagesse, à Rennes, met en place une consultation pluridisciplinaire contre la douleur aiguë dès 1987. Ces consultations sont animées par deux médecins anesthésistes, un psychiatre et un pédiatre. En 1990, l'Institut mutualiste Montsouris (IMM), à Paris, ouvre une consultation d'évaluation et de traitement de la douleur. Ces initiatives permettent de lever certains tabous, en particulier sur la prescription de médicaments à base de morphine.

En 1995, la Mutualité Française et la Fondation de l'avenir mettent en oeuvre un plan d'assurance-qualité contre la douleur (Paq). Ce programme pilote vise à réduire la douleur post-opératoire. Son déploiement sur le terrain s'appuie sur le réseau des services de soins et d'accompagnement mutualistes (Ssam). Un protocole de prise en charge de la douleur se met en place, de l'accueil du patient jusqu'aux suites opératoires. Pour la première fois, les médecins intègrent le patient comme élément central du diagnostic.

A partir de 1998, les pouvoirs publics lancent successivement deux plans triennaux de lutte contre la douleur. Ils se traduisent par de nombreuses avancées : meilleure prise en charge des enfants, création de structures spécialisées, assouplissement des règles de prescription des antalgiques forts ou encore utilisation par les patients de pompes à morphine. En l'espace de vingt ans, la prise en charge de la douleur est devenue un droit des malades à part entière.