Obésité : les disparités sociales s’accroissent

Une étude de l'Insee montre que l’obésité a progressé dans toutes les catégories sociales entre 1992 et 2003. Mais cette augmentation est plus marquée chez les agriculteurs et les ouvriers que chez les cadres.

Les Français grossissent. Une étude de l'Insee intitulée "L'obésité en France : les écarts entre catégories sociales s'accroissent" montre que la corpulence moyenne des hommes et des femmes a augmenté "nettement entre 1992 et 2003". Rendue publique le 23 février, elle révèle que les Français ont grandi durant cette période de 1 cm mais qu'ils ont surtout pris du poids.

Ainsi, la proportion d'hommes en surpoids est passé de 30,9% à 34,8%. Chez les femmes, ces taux sont respectivement de 17,9% et de 21,2%. En l'espace de onze ans, le nombre de personnes atteintes d'obésité a presque doublé. En 2003, la France comptait ainsi 3,6 millions d'adultes obèses de moins de 65 ans.

Les agriculteurs et les ouvriers sont les plus touchés

Pour l'Insee, les facteurs génétiques "ne peuvent expliquer cette brusque augmentation de la corpulence, qui tient plus à des facteurs sociaux, économiques et culturels". Si, globalement, toutes les catégories sociales sont confrontées à cette progression de l'obésité, cette hausse diffère selon les groupes. "Les écarts entre catégories socioprofessionnelles se creusent", relève l'Insee. En 2003, les plus touchés par l'obésité étaient les agriculteurs.

Viennent ensuite les ouvriers, les artisans, commerçants et chefs d'entreprises ainsi que les employés. L'obésité a progressé de 7 points entre 1992 et 2003 dans cette catégorie. Dans le même temps, cette augmentation n'a été que de 2 points chez les cadres, qui sont, avec les professions intellectuelles supérieures, les groupes les moins touchés.

Le niveau d'étude confirme ces disparités puisque "les moins diplômés sont les plus corpulents, avec des écarts plus importants dans la population féminine". On retrouve "une nette sur-représentation des obèses chez les ménages les plus pauvres" et ce phénomène tend à s'accentuer.
Enfin, des inégalités régionales sont également à déplorer. Si l'obésité s'est "accrue sur tout le territoire", elle est plus importante dans le Nord (14% en 2003) et l'Est (13%). La zone méditerranéenne est davantage épargnée avec un taux de 8%. A noter qu'un nombre croissant de personnes déclare suivre un régime "mais ce ne sont pas les plus touchées par l'obésité".