Mutualistes du monde soutient les centres de santé mauritaniens

Mutualistes du monde a engagé avec le conseil général des Hauts-de-Seine et la communauté urbaine de Nouakchott, capitale de la Mauritanie, un programme d’amélioration de l’accès aux soins et de la qualité dans les centres de santé de cette ville. Objectif : permettre aux plus pauvres de se faire soigner et lutter contre la mortalité infantile.

Avec un million d’habitants, la population de Nouakchott, la capitale mauritanienne, a été multipliée par cinq en dix ans. Sous-équipés, les centres de santé ne parviennent pas à accueillir convenablement les malades qui se tournent massivement vers le service des urgences de l’hôpital. Des files d’attente se forment pour des pathologies "qui relèvent en réalité des soins primaires", nous explique le Dr Cheikh Lebatt, médecin urgentiste mauritanien.

Le Dr Lebatt rencontrait le 27 novembre au siège de la Mutualité Française, à Paris, le président délégué de Mutualistes du monde, Bernard Eyraud, et des représentants du conseil général des Hauts-de-Seine. Le Dr Lebatt préside l’organisation non gouvernementale (ONG) Entr’aide médicale.

Ces partenaires ont engagé depuis 2007 un programme de "renforcement de l’accès aux soins et de la qualité" dans les 17 centres de santé publics de Nouakchott. La communauté urbaine de Nouakchott est également intégrée à ce projet, placé sous l’égide du ministère mauritanien de la Santé. "Mutualistes du monde joue le rôle d’interface entre les différents interlocuteurs", précise Bernard Eyraud.

Créer un centre de ressources

"Le projet a démarré avec l’objectif d’aider les populations pauvres à accéder aux soins", explique le Dr Lebatt. Soutenir les centres de santé à Nouakchott revient à "aider le tiers de la population mauritanienne !", poursuit-il. Autre objectif : étendre le suivi de la femme enceinte dans les 17 centres. Il est actuellement réalisé par deux sites, dans le cadre du forfait obstétrical, soit trois visites prénatales obligatoires, préalables à la prise en charge de l’accouchement. Le taux de mortalité infantile est parmi les plus élevés du continent, avec 78 décès pour mille naissances.

Quelle est la situation actuelle des centres de santé ? Neuf centres, dirigés par des médecins, sont répartis dans la capitale. Huit autres, appelés postes de santé, accueillent aussi la population et sont animés par des infirmières et des bénévoles. "L’ensemble de ces établissements a besoin d’un appui pour acquérir du matériel médical et paramédical, et pour former du personnel soignant, en premier lieu sur l’entretien des locaux et du matériel, l’hygiène de base et le traitement des déchets", indique ce médecin urgentiste.

Avec le programme coordonné par Mutualistes du monde, l’un des centres deviendra un site ressources. Il disposera de moyens matériels et humains, et aura pour vocation de diffuser auprès des autres centres les informations médicales et administratives nécessaires à leur évolution, explique le Dr Lebatt. Pour développer ce dispositif, un assistant technique viendra appuyer les compétences du Dr Lebatt. Le conseil général des Hauts-de-Seine, financeur du projet, s’est engagé à hauteur de 340 000 euros.

Milène Leroy

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)