« Militer dans une société de personnes : une évidence »

Stéphanie Roger, présidente de la section départementale Indre-et-Loire de la Mutuelle générale de l'Education nationale (MGEN).

A l’heure où il importe pour les mutuelles de renforcer leur base militante, une jeune élue est venue témoigner de son parcours et de son expérience locale, le 1er décembre, à l’occasion d’un colloque organisé par la MGEN et L’Humanité.

Améliorer la représentativité des instances, favoriser la parité, attirer de jeunes militants, assurer leur montée en compétence : pour résoudre cette équation et assurer les bases d’un mouvement dynamique et représentatif de ses adhérents, la Mutualité Française a intégré ces questions au cœur de son Projet stratégique pour 2015, dans un chantier plus largement consacré à la rénovation de la gouvernance des mutuelles.

Le renouvellement et la représentativité des élus sont des éléments majeurs pour la défense et la pérennité du mouvement mutualiste. Le 1er décembre, à l’occasion d’un colloque organisé par la MGEN et le quotidien L’Humanité, une jeune militante est venue, par son témoignage, en apporter la preuve.

"Je suis arrivée en Mutualité par curiosité et je m’implique par conviction", a lancé Stéphanie Roger, 41 ans, présidente de la section départementale Indre-et-Loire de la Mutuelle générale de l'Education nationale (MGEN), à l’occasion d’une table ronde sur le thème "Citoyenneté, lien avec les adhérents, une dynamique démocratique à entretenir".

"Le déclencheur de mon engagement, c’est la rencontre avec une militante MGEN, présidente de la section départementale, raconte cette institutrice. J’ai été nommée dans son école, nous avons travaillé ensemble pendant un an. Humainement et professionnellement, nous nous sommes bien entendues et, à partir de là, a commencé une aventure fantastique."

"Emmenée dans un mouvement"

Guidée par cette élue, Stéphanie se trouve en phase avec les valeurs du mouvement mutualiste : "Je crois profondément au collectif et au fait qu’on puisse chacun apporter une petite pierre autour de projets. Militer dans une société de personnes est donc devenu une évidence."

Et d’évoquer avec enthousiasme "le plaisir de militer et la convivialité" qui y est associée : "L’ambiance au sein des instances est très agréable, on est vraiment accueilli, emmené dans un mouvement." Au chapitre des surprises moins plaisantes, Stéphanie rapporte toutefois avoir "découvert qu’[elle] était une femme !".

"Moi, l’enfant des années 1970, je ne pensais pas qu’être une femme dans le mouvement militant, c’était quelque chose d’extraordinaire", ironise-t-elle.

Un contexte qui forge "la répartie et l’humour", plaisante cette élue, qui assure mieux percevoir à présent l’intérêt de certaines décisions prises en assemblée générale comme la limite d’âge à 65 ans pour briguer un mandat ou l’inscription au titre des objectifs RSE (responsabilité sociétale de l’entreprise) d’une proportion de 40% de femmes au conseil d’administration.

Trouver sa place

Au quotidien, explique Stéphanie Roger, "la vie locale des élus, c’est le concret, l’action sociale, la prévention. Dans une période où les choses bougent beaucoup, ils sont ravis de participer à la vie de leur mutuelle."

En tant que présidente départementale, elle a pleinement conscience de sa mission et de la responsabilité qu’elle exerce par délégation du président national. "A ce titre, il faut trouver sa place dans une équipe de militants, transmettre les valeurs et les faire travailler ensemble."

C’est pour elle une richesse d’avoir dans son comité de section des profils différents, dont une majorité de personnes en activité. "Eux qui passent leurs journées dans les cours d’écoles, ils n’ont pas envie, en tant que militants, de rester dans le bac à sable !" Leur implication permet de constituer une instance représentative des adhérents et donc de prendre des décisions en cohérence avec les envies et les besoins de ces derniers.

Transmettre le lien

En rajeunissant la moyenne d’âge de ses élus, la section MGEN d’Indre-et-Loire a fait évoluer l’organisation de ses réunions d’instances. "Une réunion le mercredi après-midi, aujourd’hui ce n’est plus possible. Il faut plutôt envisager des réunions le soir. Et donc essayer de les tenir sur un temps court", détaille Stéphanie Roger, pragmatique.

Un engagement différent, c’est enfin un engagement qui se transmet. "Quel que soit notre âge, il faut penser à notre relève, estime cette élue. Il y a l’entrée dans un mandat, la vie du mandat, puis la fin du mandat Cela se prépare, et si j’arrive à transmettre le lien à quelqu’un d’autre, je serais ravie."

Bien-être social : « Imaginer les réponses possibles »

La MGEN et L’Humanité ont organisé le 1er décembre, à Paris, un colloque sur le thème "Le mouvement mutualiste, plus que jamais à la conquête du bien-être social". "Cette manifestation est la dernière du mois de l’économie sociale et solidaire, qui s’est déroulé en novembre", a souligné, en introduction, Jean-Louis Cabrespines, président du Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale et solidaire (CNCRES). Plusieurs tables-rondes ont permis de débattre du rôle des mutuelles, non seulement dans l’histoire, mais également dans le contexte de crise actuelle.
Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)