Maladies chroniques : des restes à charge plus élevés

Les patients atteints de maladies chroniques subissent les plus forts restes à charge, ce qui peut freiner leur accès aux soins. En 2012, ces malades ont payé en moyenne 1.458 euros, indique une étude de l'Irdes.

C'est la double peine : les personnes atteintes de maladies chroniques, principalement traitées en ambulatoire, sont confrontées aux restes à charge les plus élevés. En moyenne, ces patients ont dû s'acquitter de 1.458 euros en 2012, ce qui peut freiner leur accès aux soins, indique une étude diffusée le 7 juillet par l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes).

Cette étude s'appuie notamment sur l'enquête santé et protection sociale (ESPS) pour analyser les profils des 10% d'individus qui supportent les plus forts restes à charge.

Pour les malades chroniques, les restes à charge les plus importants concernent les médicaments (293 euros) et l'hospitalisation (221 euros, dont 127 euros dans le secteur privé). Par ailleurs, une part substantielle résulte des consultations chez les spécialistes (218 euros), en particulier en raison des dépassements d'honoraires persistants. Autres restes à charge conséquents : les soins dentaires (216 euros) et optiques (160 euros).

La situation persiste dans le temps

"Les restes à charge élevés concernent des catégories de soins peu remboursées par le régime général, comme l'optique ou les soins dentaires, mais proviennent aussi, bien souvent, d'une accumulation des restes à charge de différente nature issus de soins davantage associés à la maladie", souligne l'Irdes. Autre constat : leur persistance dans le temps "provient le plus souvent de dépenses concomitantes de médecine, pharmacie et biologie".

Par exemple, les malades doivent payer les participations forfaitaires de 1 euro par consultation, les franchises prélevées sur les boîtes de médicaments (0,50 euro), sur les actes paramédicaux (0,50 euro) et sur les transports sanitaires (2 euros), non prises en charge par les contrats responsables (lire notre article). Les patients doivent également régler des dépassements d'honoraires et l'ensemble des tickets modérateurs lorsqu'ils n'ont pas de complémentaire santé.

Sans mutuelle, renoncement aux soins accru

Une nouvelle fois, ces résultats viennent confirmer que le bénéfice d'une mutuelle est indispensable pour pouvoir bien se soigner. L'absence de complémentaire santé constitue la première cause de renoncement aux soins pour raisons financières, a rappelé en septembre 2015 une étude de la direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (Drees) (lire notre article).

Pourtant, relève l'Irdes, la situation s'est sensiblement améliorée. Les patients souffrant d'une pathologie chronique avaient un reste à charge encore plus élévé deux ans auparavant, avec un total de 1.942 euros. Entre 2010 et 2012, la diminution aura donc atteint près de 25%.

Trois autres types de profil supportent de forts restes à charge, bien que plus modérés. En 2012, les seniors non hospitalisés ont eu un reste à charge moyen de 1.034 euros. Un montant essentiellement consacré aux dépenses de pharmacie, optique et dentaire, ainsi qu'au financement de matériels divers et prothèses.

Pour leur part, les patients précaires hospitalisés en établissements publics s'acquittent en moyenne de 796 euros. Enfin, les personnes qui consomment des soins dentaires ont un reste à charge un peu plus bas, soit 626 euros. Il s'agit majoritairement de personnes déclarant être en bonne ou très bonne santé. Dans 37% des cas, elles sont couvertes par une complémentaire santé d'entreprise.

En savoir +

L'intégralité de l'étude de l'Irdes sur les restes à charge

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)