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Les aides sociales atténuent la pauvreté en France

La France affiche le risque de pauvreté monétaire le plus faible d'Europe, soit 13,6%, indique une étude de la Drees publiée fin juin 2018. Les dépenses consacrées à la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale représentent entre 1,8% et 2,6% du produit intérieur brut (PIB).

Grâce aux dispositifs d'aides sociales, le risque de pauvreté monétaire est de 13,6%, soit le taux plus faible d'Europe où la moyenne se situe à 17,3% en 2016, indique la direction de la Recherche, des Etudes, de l'Evaluation et des Statistiques (Drees) dans un rapport publié fin juin 2018.

Le taux de pauvreté monétaire, qui pourrait être supérieur de 10 points sans ces aides, concerne les personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, c'est-à-dire qui disposent d'environ 1.000 euros par mois pour une personne seule en France, rappelle-t-on. En comparaison, ce taux s'élève à 15,9% au Royaume-Uni, et dépasse les 16% en Allemagne ou en Suède. Il atteint 20,6% en Italie et 22,3% en Espagne.

Entre 40,5 et 57 milliards d'euros

La France a consacré 714,5 milliards d'euros aux prestations de protection sociale en 2016, ce qui équivaut à 32,1% de son produit intérieur brut (PIB). Elle se situe ainsi devant le Danemark et la Finlande qui y affectent 31% de leur PIB, tandis que la moyenne européenne est de 27,5%. Pour autant, la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale représente seulement "entre 1,8% et 2,6% du PIB", note la Drees.

Cette approximation résulte du fait que les sommes dédiées à la lutte contre la pauvreté varient selon le périmètre étudié. Un périmètre restreint inclut notamment les minimas sociaux, tels que le minimum vieillesse, le revenu de solidarité active (RSA) ou encore l'allocation adulte handicapé (AAH). "Ce périmètre restreint a progressé de 3,5% par an en moyenne entre 2006 et 2016, pour atteindre 40,5 milliards d'euros", explique la Drees.

Avec un périmètre élargi incluant les prestations familiales et les allocations logement versées aux ménages les plus modestes, les dépenses contre la pauvreté totalisent alors 57 milliards d'euros.

Santé et vieillissement

Malgré cela, les principaux postes de dépenses de protection sociale sont liés à la santé et au vieillissement de la population, soit 81% du total des prestations. Dans le détail, la France consacre 46% des prestations à la vieillesse-survie, un poste principalement porté par le versement des pensions de retraite. Ce pourcentage est identique à celui de la moyenne européenne. La santé rassemble 35% des prestations, contre 37% en Europe.

Les autres risques arrivent loin derrière. "Le risque famille constitue 8% des prestations sociales, le risque emploi 6% et les risques logement et pauvreté-exclusion sociale représentent chacun 3% des prestations sociales", ajoute la Drees.

Plus largement, le poste maladie contribue également à la lutte contre la pauvreté, via l'accès à la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) ou à l'aide à l'acquisition d'une complémentaire santé (ACS). "Ces dispositifs permettent de couvrir la quasi-totalité des personnes vivant sous le seuil de pauvreté", rapporte la Drees. Malheureusement, le taux de recours de l'ACS demeure trop faible, estimé entre 31% et 51%, contre 64 à 76% pour la CMU-C.

Pour en savoir +

Le rapport de la Drees
Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)