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L’assurance maladie généralise la lutte contre le renoncement aux soins

Mobilisée depuis plusieurs années contre le renoncement aux soins, l'assurance maladie généralise un dispositif de lutte contre ce phénomène, testé en région. Et fait de "l'accompagnement personnalisé des publics fragilisés" un axe d'intervention prioritaire.

"Après une première expérimentation probante menée dans le Gard, un dispositif de lutte contre le renoncement aux soins a été déployé, à travers trois vagues successives, dans les 101 caisses primaires d'assurance maladie (Cpam)", a indiqué la Caisse nationale d'assurance maladie dans un communiqué de juillet 2018.

L'objectif est de repérer, à l'aide d'une série de partenaires, parmi lesquels le Conseil départemental, les centres hospitalo-universitaires (CHU), mais aussi les centres de santé mutualistes ou encore les travailleurs sociaux, les assurés "en situation de renoncement aux soins, pour leur proposer des solutions personnalisées et les accompagner jusqu'à ce que les soins nécessaires soient réalisés".

Dans le Gard, tout démarre par une enquête de l'Odenore, l'Observatoire des non-recours aux droits et services. Les résultats sont alarmants. Cet organisme identifie ainsi "des personnes perdues dans les modes de fonctionnement administratifs, renonçant à des soins de façon récurrente et qui pourtant semblaient insérées, n'étaient pas suivies par les services sociaux, et qui, majoritairement, disposaient d'une mutuelle", raconte Christian Fatoux, directeur de la Cpam du Gard, dans le magazine Mutations du mois de juillet 2018.

Accompagnement sur mesure

Très vite, la Cpam s'interroge sur les modes de fonctionnement de l'assurance maladie et sur les incompréhensions que ceux-ci peuvent générer. D'où l'idée d'une réponse opérationnelle apportée par l'échelon départemental, pour favoriser l'accès aux soins de certains assurés et éviter les ruptures de droits et le renoncement aux soins. Elle sera expérimentée dès novembre 2014.

"Concrètement, lorsqu’une telle situation est détectée, que ce soit lors d'un passage en Cpam ou dans une structure partenaire du dispositif, un signalement est fait à la cellule de lutte contre le renoncement aux soins" de la caisse, résume l'assurance maladie. Avec ce dispositif, l'assurance maladie entend, au-delà d'une logique de guichet, aller au-devant des personnes.

Spécialement formés, les agents de cette entité se rapprochent de l'assuré en difficultés, et lui proposent un accompagnement sur-mesure. Celui-ci peut aller d'un bilan exhaustif de ses droits à une orientation dans le système de soins et un accompagnement au montage financier si besoin.

Démarche proactive

Cette démarche proactive est particulièrement adaptée face au renoncement aux soins, qui peut avoir diverses causes. "Souvent, les personnes renoncent car, au-delà de l'obstacle financier, elles ont besoin d'être redynamisées et guidées dans le système de soins", souligne Christian Fatoux.

Dans ce contexte, la cellule de lutte contre le renoncement aux soins a un rôle incitatif essentiel. "Nous agissons en fonction de leur degré d'autonomie administrative et de leurs priorités au regard des difficultés qu'elles rencontrent. Soigner ses dents n'est pas toujours la priorité. Beaucoup sont dans un "renoncement intégré", constate ce responsable.

Après dix-huit mois d'expérimentation, "les résultats encourageants obtenus dans ce cadre amenaient l'assurance maladie à élargir l'expérimentation à vingt-et-une autres caisses primaires en mai 2016, avant de généraliser le dispositif à l’ensemble des Cpam à travers trois nouvelles vagues", entre avril 2017 et mars 2018, détaille le communiqué.

Un axe prioritaire

Depuis la première expérimentation, 35.433 assurés ont bénéficié de ce dispositif, soit une moyenne de 325 assurés pris en charge chaque semaine en France. Environ un dossier sur deux a abouti à une réalisation des soins. En outre, 13.000 assurés ont vu leurs droits ouverts, 6.000 ont été mieux orientés dans le système de soins et 4.500 ont bénéficié d'un accompagnement financier, comptabilise l'assurance maladie, qui précise : "La généralisation et le développement des cellules de lutte contre le renoncement aux soins sur l’ensemble du territoire est inscrite dans la Convention d'objectifs et de gestion (Cog) 2018-2022, en tant qu'axe d’intervention prioritaire."

Pour en savoir plus


– Consulter le dossier de presse de l'assurance maladie sur la généralisation des cellules de lutte contre le renoncement aux soins.

– Lire, dans Mutations de juillet 2018, l'interview de Christian Fatoux, directeur de la Cpam du Gard, intitulée : "Le reste à vivre, la face cachée du reste à charge."

Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)