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La prévention, au coeur de la santé cardio-vasculaire

Mieux vaut prévenir que guérir : un adage particulièrement juste pour les maladies cardio-vasculaires. Responsables d'un tiers des décès en France, ces pathologies graves nécessitent des traitements lourds. Il est donc préférable de s'attaquer à leurs facteurs de risque comme le cholestérol, l’hypertension et le diabète. Le point avec le Pr François Laborde, responsable du département de pathologie cardiaque à l’Institut mutualiste Montsouris, à Paris.

Q’entend-on exactement par maladies cardio-vasculaires ?

Pr François Laborde - Ces maladies regroupent un certain nombre de pathologies qui ont toutes pour origine des lésions des artères pouvant aller jusqu’à leur obstruction par un caillot de sang. Elles touchent le plus souvent les artères du coeur et du cerveau. L’accumulation de graisses sur leur paroi - appelée athérosclérose - entraîne leur rétrécissement, ce qui diminue le débit sanguin. Cette situation peut provoquer un infarctus ou un accident vasculaire cérébral (AVC).

Ces maladies sont particulièrement graves : elles représentent, en France, près de 30% des décès et sont une cause majeure de mortalité dans le monde. Dans les pays industrialisés, depuis vingt ans, on assiste à une baisse de moitié des décès. En revanche, la mortalité demeure élevée en Europe de l’Est, car les populations de ces pays ne bénéficient pas d’une assez bonne hygiène de vie.

Vous parlez d’hygiène de vie. Quelle est l’importance de la prévention pour ces pathologies ?

Pr François Laborde - Elle est capitale, car les maladies cardio-vasculaires ne se guérissent pas ! En revanche, la médecine sait traiter les facteurs de risque comme l’excès de cholestérol, le diabète, l’hypertension, le tabac ou la sédentarité. Le dépistage de ces facteurs de risque est particulièrement indiqué pour les personnes âgées de 40 à 50 ans. Or, si ces facteurs de risque sont traités à temps, on évite ou on retarde l’échéance de la maladie.

Existe-t-il des traitements préventifs ?

Pr François Laborde - Tout signe avant-coureur doit être pris en charge, ce qui permet d’éviter de lourdes complications. Je vous donne un exemple : quand une personne présente une angine de poitrine (douleur brutale et angoissante dans la cage thoracique), il est nécessaire de pratiquer un examen radiologique pour dépister d’éventuelles lésions des artères coronaires qui irriguent le coeur. Cet examen est indispensable pour engager ensuite un traitement préventif de l’infarctus. Il s’agit le plus souvent de médicaments anticoagulants : ils fluidifient le sang et empêchent ainsi la formation d’un caillot, mais il peut être aussi nécessaire d'opérer.

La prise en charge des maladies cardio-vasculaire vous semble-t-elle aujourd’hui performante ?

Pr François Laborde - L’accident cardiaque aigu nécessite une intervention la plus précoce possible afin de diminuer les risques de séquelle ou de décès. Trop de patients sont aujourd’hui transférés aux urgences, et non dans une unité de soins intensifs coronariens, comme ce devrait être le cas. Il existe en France un grand nombre de ces unités, dont l’une à l’Institut mutualiste Montsouris (IMM), ce qui me semble suffisant pour couvrir l’ensemble du territoire. Il en est de même pour les accidents vasculaires cérébraux.

Quels progrès peut-on espérer de la recherche en matière de médecine cardio-vasculaire ?

Pr François Laborde - Va-t-on un jour guérir l’athérosclérose ? En attendant, la recherche se porte sur les traitements des facteurs de risque comme le diabète, l’hypertension ou l’obésité. Dans le domaine du médicament, on attend la mise au point de nouveaux anticoagulants plus performants et qui réduisent les risques d’hémorragie. Enfin, dans le domaine de la chirurgie, le développement de la robotique permettra de réaliser des opérations plus précises, donc moins invasives, ce qui aura pour conséquence un rétablissement plus rapide du patient et, de fait, une réduction de la durée d’hospitalisation.

Le rôle du coeur et des vaisseaux

Le système cardio-vasculaire se compose du coeur et des vaisseaux comprenant les artères et les veines. Le coeur, dont le poids est d’environ 300 grammes, bat 100.000 fois par jour et pompe 5 litres de sang à la minute. Les artères et les veines conduisent le sang dans l’organisme. Il apporte aux organes de l’oxygène et des substances nutritives nécessaires à leur fonctionnement. Lorsque les artères sont bouchées et ne peuvent ainsi plus fournir suffisamment de sang et d’oxygène, le coeur ou le cerveau sont asphyxiés. Il y a alors risque de maladies cardio-vasculaires.

Propos recueillis par Christophe de La Mure

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)