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L’assurance maladie s’attaque aux risques d’accidents médicamenteux

Les Français consomment trop de médicaments. Si ce problème n’est pas nouveau, l’assurance maladie, dans un récent rapport, souligne les risques pour la santé de cette surconsommation, surtout chez les seniors. Elle va lancer un vaste programme à destination des médecins traitants et du grand public afin de prévenir ces risques.

Chaque année, 130.000 hospitalisations sont liées aux effets indésirables des médicaments. Les plus de 65 ans sont particulièrement concernés par ces accidents médicamenteux, dits iatrogènes. Dans cette tranche d’âge, "plus de 1,2 million de personnes prennent plus de sept médicaments par jour", s’est alarmé le Pr Hubert Allemand, médecin-conseil national, lors de la présentation du programme d’action de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) pour lutter contre les risques médicamenteux. De plus, 32% des patients de plus de 70 ans, hospitalisés en urgence pour des effets indésirables liés à leur traitement, consomment quotidiennement plus de dix médicaments !

Un risque accru avec l’absorption de psychotropes

Le risque d’accident médicamenteux est en effet plus important chez les personnes âgées : les reins éliminent moins bien, les os sont fragilisés… La consommation de psychotropes (antidépresseurs, somnifères, anxiolytiques) est ainsi à l’origine de nombreuses chutes, de troubles de la vigilance et du comportement. Sur les 50.000 fractures de la hanche enregistrées chaque année chez les seniors, 20 à 30% d’entre elles sont liées aux psychotropes. Autre exemple : en cas de déshydratation, la concentration en médicament augmente dans l’organisme. Un problème dont il faut particulièrement tenir compte en période estivale !

A ces risques liés à l’âge viennent souvent s’ajouter les erreurs de suivi de prescription : les ordonnances "à rallonge" augmentent les risques de se tromper, notamment chez les personnes qui présentent des troubles de la mémoire ou de la compréhension. Les effets indésirables des médicaments seraient ainsi responsables de 10 à 20% des hospitalisations chez les plus de 65 ans. Or, selon la Cnam, 40 à 60% de ces accidents sont évitables.

Sensibiliser les patients

Lancé le 11 juillet dernier, le plan de la Cnam vise à sensibiliser les médecins traitants. Ces derniers devront veiller à traquer les produits redondants et à hiérarchiser les prescriptions, si la prise de plusieurs médicaments est inévitable. Le succès de cette campagne devra également passer par l’approbation des patients. Mais il est parfois difficile de changer ses habitudes ! Les patients devront accepter qu’un médicament soit retiré de leur ordonnance, "même s’il est prescrit depuis longtemps", a insisté Hubert Allemand.

Des actions seront lancées à destination des assurés sociaux : parmi les thèmes retenus figure notamment le respect des doses et des horaires de prise des médicaments. Les patients sont aussi encouragés à informer systématiquement leur médecin traitant des produits pris en automédication, afin de limiter les risques d’interaction avec les médicaments prescrits. Des messages radio sur ces thèmes devraient être diffusés à l’automne 2006.