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L’alimentation industrielle : un facteur de risque du cancer du sein

La Fédération des comités féminins pour la prévention et le dépistage des cancers a organisé le 3 octobre, à Paris, une conférence sur le lien entre nutrition et cancer du sein. Toutes les études confirment que certains produits alimentaires, fabriqués à partir de graisses industrielles, sont bien des facteurs de risque.

Margarine, chips, plats cuisinés, viennoiseries, biscuits… L’alimentation industrielle peut-elle constituer un facteur de risque du cancer du sein ? Cette question a été au cœur des débats d’une conférence organisée le 3 octobre, à Paris, par la Fédération des comités féminins pour la prévention et le dépistage des cancers. Son thème : "Nutrition et cancer du sein – Risques, protection, recommandations". Cette manifestation s’inscrit dans le cadre de l’opération baptisée "Octobre rose", mois consacré à la sensibilisation à cette maladie.

En France, on compte chaque année 50.000 nouveaux cas de cancer du sein, le plus fréquent chez la femme. C’est aussi la première cause de mortalité dans la population féminine. Actuellement, toutes les études confirment que l’alimentation peut augmenter les risques de cancer, notamment celui du sein. Ainsi, en 2007, un rapport issu de l’analyse de 7.000 études épidémiologiques dans le monde a déterminé l’influence de la nutrition pour chaque cancer. "La part de l’alimentation dans le développement des cancers est de 30 à 40% chez les hommes et de 60% chez les femmes ", a précisé le Pr Serge Hercberg, chercheur à l’Institut scientifique et technique de la nutrition et de l’alimentation (Paris).

"La viande n’est plus l’ennemi héréditaire"

Face à cette situation, les chercheurs émettent plusieurs recommandations. Exemple : limiter la consommation des graisses, en particulier les acides gras trans d’origine industrielle. Ils proviennent d’un processus d’hydrogénation qui transforme l’huile liquide en graisse solide. Les acides gras trans servent à fabriquer de nombreux produits alimentaires : margarine, chips, plats cuisinés, viennoiseries, biscuits… On les repère sur les étiquettes comportant la mention "huiles hydrogénées". Une étude montre qu’une forte consommation de ces graisses industrielles double quasiment le risque de cancer du sein.

En revanche, les risques sont moindres avec les aliments contenant des acides gras trans d’origine naturelle. C’est le cas de la viande qui peut être consommée sans excès, dans le cadre d’un régime équilibré. "La viande n’est plus l’ennemi héréditaire", souligne le Pr Jean-Marie Bourre, chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Selon lui, il faut "faire la part des choses entre les bonnes et les mauvaises graisses".

Concernant la consommation de lait de soja ou de yaourt de soja, ces produits n’apportent pas le même bénéfice nutritionnel que le lait. "Le lait de soja est un “Canadry”® du lait naturel et une escroquerie nutritionnelle !", lance avec véhémence le Pr Jean-Marie Bourre. Plus inquiétant, les soi-disant effets protecteurs du soja contre le cancer du sein font débat : sa consommation pourrait, au contraire, favoriser le développement de la maladie.

Débat sur les compléments alimentaires

Autre sujet de discussion : les compléments alimentaires. Présentés sous forme de gélules, comprimés ou ampoules, ils sont censés répondre aux besoins journaliers du corps en matière de minéraux, de vitamines… "Ces produits promettent beauté, intelligence et performance !", ironise le Pr Serge Hercberg. "Il faut les bannir car leur efficacité et leur innocuité n’ont toujours pas été évaluées", poursuit la Pr Dominique Parent-Massin, toxicologue au laboratoire de microbiologie et sécurité alimentaire de Brest. Plus nuancé, Jean-Marie Bourre estime que "certains compléments alimentaires sont sérieux et doivent être prescrits". Exemple : les gélules contenant de l’huile de chaire de poisson pour les femmes enceintes.

Globalement, certaines recommandations du programme national nutrition santé (PNNS) permettent de prévenir le cancer du sein : manger plus de fruits et de légumes, éviter les aliments trop salés et trop sucrés… Par ailleurs, la consommation d’un certain type de graisses comme les oméga 3 - contenus dans les poissons, fruits de mer et huile de colza - peut aussi contribuer à prévenir cette pathologie. Une alimentation saine et équilibrée doit être associée à une activité physique régulière.

En ce qui concerne l’alcool, les experts montrent que sa consommation est un facteur de risque du cancer du sein, quel que soit l’âge. "Ce risque augmente de 30% pour une consommation de trois verres de vin par jour ", précise le Pr Serge Hercberg.

Christophe de La Mure

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)