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Innovation mutualiste : la preuve par l’exemple

Un débat sur l'innovation mutualiste s'est tenu lors des 7es Rencontres mutuelles organisées le 5 décembre 2017, à Paris, par L'Argus de l'assurance. Coopération avec des start-up, labs internes et services innovants : autant d'exemples d'actions qui façonnent le nouveau visage des mutuelles.

Elaboration de nouveaux logiciels, création de nouveaux services, lancement de labs ou coopération avec des start-up : l'innovation est bel et bien au cœur des pratiques mutualistes ! Véritable outil de différenciation dans un contexte très concurrentiel, l'innovation permet d'apporter un service personnalisé aux adhérents.

"Nos domaines d'innovation tournent autour de trois grands axes : l'accès aux soins, l'accompagnement des personnes fragilisées par la maladie, et tout ce qui peut rendre quelqu'un davantage acteur de sa propre santé", a indiqué Pierre Brun, directeur Recherche et innovation du groupe Vyv, lors des 7es Rencontres mutuelles organisées le 5 décembre 2017, à Paris, par L'Argus de l'assurance.

Pour concrétiser ces orientations, le groupe Vyv a notamment effectué une prise de participation majoritaire, à hauteur de 61%, dans la start-up MesDocteurs, a rappelé Pierre Brun. Cette start-up est spécialisée dans le téléconseil et la téléconsultation médicale, avec la possibilité de délivrer une ordonnance à distance.

"Une dynamique interne"

Pour Pierre Brun, il est désormais crucial de s'appuyer sur l'intraprenariat, autrement dit, "la dynamique interne du groupe Vyv, en lien avec l'ensemble des écosystèmes de toutes les mutuelles". Ce brassage d'idées et de compétences démultiplie les façons d'innover au sein du groupe, sans empêcher l'open-innovation, en lien avec d'autres entreprises et acteurs.

Ainsi, la MGEN a accompagné la création de La Fabrique des territoires innovants, une société coopérative d'intérêt collectif (SCIC). Cette start-up accompagne les entreprises et les collectivités dans leurs projets de coopérations territoriales et d'innovation sociale, grâce à l'aide de différents acteurs, dont des chercheurs.

L'innovation peut également se traduire par la mise en œuvre de nouveaux services d'accompagnement, comme Vivoptim, un programme e-santé lancé par la MGEN pour prévenir et accompagner le risque cardio-vasculaire. Autre exemple d'innovation au sein du groupe Vyv : Novaxès propose des solutions de téléassistance pour mieux vivre à domicile. Ce service a été initié par Harmonie mutuelle, Ressources mutuelles assistance et Harmonie services mutualistes.

"Intéresser toute l'entreprise"

De son côté, la Matmut travaille aussi avec plusieurs start-up. "Le fonds d'investissement Matmut innovation nous donne la possibilité de mettre en place relativement vite des services. Nous en sommes à notre dixième investissement", explique Maud Duval, directrice générale adjointe en charge de l'organisation, des systèmes d'information et de l'innovation du groupe Matmut. "C'est une façon d'intéresser toute l'entreprise à cette démarche d'innovation puisque chaque start-up que nous finançons est sous la responsabilité d'un membre du comité de direction", ajoute-t-elle.

La Matmut s'est engagée dans le domaine de la santé, auprès de start-up qui éditent des applications sur le coaching et le bien-être. "En matière de prévention, notre dernier investissement concerne Liberty rider, une application qui permet de détecter les chutes, poursuit Maud Duval. Inter mutuelles assistance a également placé des fonds dans cette start-up, ce qui permet de professionnaliser les interventions en cas d'accident détecté."

Par ailleurs, la Matmut a initié un lab data interne en co-construction avec la start-up Saagie, spécialisée dans le traitement de la donnée.

"Culture de l'expérimentation"

Cette thématique intéresse en effet de nombreuses mutuelles. "Nous travaillons avec la start-up La Javaness pour développer la culture de l'expérimentation autour du Big data et de l'IA [intelligence artificielle]", témoigne Claire Mayaux, directrice du digital et des systèmes d'information à la Mutuelle nationale territoriale (MNT), première mutuelle de la Fonction publique territoriale en santé et en prévoyance, et membre du groupe Vyv.

"Nous nous sommes transformés en profondeur depuis trois ans pour mieux nous développer", renchérit cette dirigeante mutualiste. "J'ai développé la culture de l'open source dans les équipes et nous fabriquons des logiciels. Nous avons décidé de devenir la startup du groupe Vyv !", lance Claire Mayaux.

Pour arriver à ce résultat, de nombreuses simplifications ont été menées. Comme pour ses homologues présents au débat, la culture de maîtrise d'ouvrage (MOA) et maîtrise d'œuvre (MOE) a été abolie car elle entraînait "des freins, des ralentissements et donc des projets trop longs", se remémore Claire Mayaux.

Dans ce nouveau cadre plus transversal, et donc plus agile, de nouveaux métiers ont tout logiquement fait leur apparition. C'est notamment le cas des UX-UI designers, qui réfléchissent au parcours utilisateur et aux interfaces, ou des data scientists, chargés de la gestion, de l'analyse et de l'exploitation des données massives.

Les adhérents ont eux aussi bénéficié de ces améliorations : ils disposent aujourd'hui d'un choix simple, entre six formules. Le self-care a été développé, c'est-à-dire qu'une personne peut souscrire un contrat sur Internet ou modifier elles-mêmes ses coordonnées (adresse, Rib, etc).

Co-construction et partage de valeurs

De la même façon, c'est autour des services et de l'organisation que la Maif a décidé d'innover de façon prioritaire, dans une logique de co-construction et de partage de valeurs avec ses 21 start-up partenaires. Le premier fonds d'investissement dédié à l'innovation s'est élevé à 125 millions d'euros. Ce montant a été renouvelé pour une deuxième saison.

"Nous avons des labs internes sur la data, sur la blockchain et sur les technologies de l'information au sens large, rapporte Olivier Gombert Gillman, directeur de l'innovation à la Maif. Ces labs ont pour mission d'acculturer des personnes à des problématiques nouvelles." Pour lui, les travaux menés au sein des groupes pluridisciplinaires – informaticiens, chargés de marketing ou tout simplement jeunes geek – favorisent ensuite la diffusion de l'information du bas vers le haut. Cela simplifie le dialogue au sein de l'entreprise. "L'objectif est d'embarquer toute la pyramide des âges car tout le monde est capable et tout le monde peut, à sa mesure, être acteur de l'innovation !"

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)