Hypertension artérielle : Tensioforme en ordre de marche !

La Mutualité Française déploie depuis trois mois à Paris et à Saint-Etienne (Loire) son programme expérimental Tensioforme. Il est destiné aux adhérents mutualistes qui souffrent d'hypertension artérielle ou qui présentent un ou plusieurs facteurs de risque cardio-vasculaire. Jacqueline Pedori, adhérente à la Mutuelle générale de l’Economie, des Finances et de l’Industrie (Mgefi), témoigne sur son expérience du dispositif.

Trois mois après son lancement, Tensioforme prend forme ! Ce programme de la Mutualité Française vise à limiter les complications cardio-vasculaires chez les personnes souffrant d’hypertension artérielle (HTA) et à éviter l’entrée dans la maladie chez les patients à risque. Le dispositif Tensioforme est actuellement mené à titre expérimental dans quatre centres de santé à Paris et un centre à Saint-Etienne (Loire). Sept mutuelles sont partenaires.

Ce programme d’éducation thérapeutique du patient (ETP) prend en charge pendant un an des hommes âgés de plus de 45 ans et des femmes de plus de 50 ans hypertendus ou présentant un ou plusieurs facteurs de risque cardio-vasculaire. D’ores et déjà, plus de 250 personnes sont inscrites. "60% des participants ont déjà suivi leur première séance collective", indique la Dre Annabel Dunbavand, responsable de Tensioforme à la Mutualité Française.

C’est le cas de Jacqueline Pedori, adhérente à la Mutuelle générale de l’Economie, des Finances et de l’Industrie (Mgefi), retraitée de la Fonction publique, entrée dans le dispositif au mois de mai dernier. "Je souffre d’hypertension artérielle depuis la mort de mon père en 1994", confie-t-elle. Soignée dans un premier temps par des antihypertenseurs, cette personne âgée de 61 ans souhaite désormais "faire baisser [sa] tension autrement qu’avec des médicaments".

Module d’activité physique adapté

Elle a ainsi débuté le programme par une séance d’éducation thérapeutique sur l’hypertension artérielle, animée par une infirmière de l’Institut mutualiste Montsouris (Paris). Cette adhérente a, en particulier, appris à mesurer elle-même sa tension à l’aide d’un autotensiomètre. Le principe consiste à faire cet examen trois fois le matin et trois fois le soir pendant trois jours. Ces dix-huit mesures donnent une moyenne fiable de la tension, car elles sont effectuées en dehors d’un lieu médical, souvent facteur de stress pour les patients.

Le programme Tensioforme comprend également un module d’activité physique adapté. Ce 6 juillet après-midi, Jacqueline Pedori participe à une marche d’une heure trente au jardin du Luxembourg, à Paris, encadrée par un animateur de la Fédération française de randonnée (FFR). L’objectif est de permettre aux participants d’intégrer l’activité physique dans leur quotidien. "J’effectue tous les jours au minimum une demi-heure de marche rapide", indique-t-elle. Elle constate déjà des résultats bénéfiques sur sa santé : "Ma tension a baissé et je dors mieux !"

Grâce à ce programme, cette participante suivra également à partir de septembre un module d’accompagnement sur l’équilibre alimentaire proposé par Priorité santé mutualiste. Cette session lui apprendra notamment à composer ses menus afin d’adopter de bons comportements et de limiter ainsi les facteurs de risque cardio-vasculaire. "Je commence déjà à réduire le grignotage", se félicite Jacqueline Pedori.

Rôle "d’éducatrice de santé"

Tout au long de son parcours, l’adhérent est accompagné par plusieurs professionnels de santé : médecin généraliste, diététicienne, éducateurs médico-sportifs, infirmiers… "L’hypertension artérielle n’est pas une maladie inéluctable. Les patients doivent donc être acteurs de leur santé afin d’éviter les complications cardio-vasculaires", estime Catherine Gilbert, infirmière au centre de santé mutualiste du Moulinet, situé à Paris.

C’est dans cet esprit qu’elle s’est engagée dans le programme. Sa nouvelle mission lui permet "de voir une autre facette du métier en agissant aussi de manière préventive et pas seulement curative". Pour endosser le rôle d’ "éducatrice de santé", cette infirmière a suivi une formation spécifique de 50 heures. "Nous avons permis à ces professionnels de santé d’acquérir de nouvelles compétences et d’offrir une prise en charge de qualité en éducation thérapeutique", explique Annabel Dunbavand.

A l’issue d’un an et demi d’expérimentation, la Mutualité Française dressera un premier bilan du programme. "Une étude mesurera l’évolution de données médicales auprès des patients avant et après leur sortie du dispositif : tension, taux de cholestérol, taux de glycémie …", précise Annabel Dunbavand. Cette étude sera complétée par une évaluation qualitative auprès des participants et des professionnels de santé

Christophe de La Mure

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)