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Handicaps : deux guides pour un égal accès à l’information

L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) a publié le 26 juin deux guides de bonnes pratiques pour adapter la communication en santé aux personnes en situation de handicap visuel ou auditif. L’objectif est de faciliter la compréhension de ces publics et d’éviter les erreurs d’interprétation, afin de "garantir l’égalité de l’accès à l’information santé".

Lorsqu’un médecin annonce à une personne sourde qu’elle est séropositive, voici ce qu’elle peut comprendre : "C’est positif, c’est une bonne nouvelle." De même, lorsque cette dernière lit sur les paquets de cigarette que "fumer nuit gravement à la santé", elle peut en conclure qu’"il ne faut surtout pas fumer la nuit".

Pourquoi ces confusions ? Tout simplement parce que la langue française est une langue étrangère pour les personnes atteintes de ce handicap, en particulier pour celles qui n’ont jamais entendu et utilisent la langue des signes.

Dès lors, "cette appropriation imparfaite des subtilités de la langue française peut être source de malentendus, incompréhension ou mauvaises interprétations", indique l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Mauvaises interprétations qui, en matière de santé, peuvent se révéler catastrophiques.

C’est la raison pour laquelle l’Inpes a annoncé le 26 juin la publication de deux guides pratiques "pour une égalité d’accès à l’information". Ils sont intitulés Informer les personnes sourdes ou malentendantes et Informer les personnes aveugles ou malvoyantes. Ces deux documents, présentés comme "les premiers référentiels de communication en santé publique", visent à "partager, avec les professionnels concernés, les bonnes pratiques en matière de conception et de diffusion de l’information à destination des personnes ayant une déficience sensorielle".

Pictogrammes

Pour les concevoir, l’Inpes s’est appuyée sur sa propre expérience mais aussi sur d’autres travaux menés en France ou à l’étranger pour rendre accessibles les informations en santé. La rédaction de ces documents est le fruit d’un travail collaboratif qui a réuni "des experts en situation de handicap", issus du secteur associatif, du monde médical et médico-social mais aussi de l’édition et de la communication.

Ainsi, ces guides compilent de manière très pratique les recommandations pour une communication réellement accessible pour les personnes en situation de handicap. L’usage de pictogrammes pour les personnes sourdes est, par exemple, conseillé, à condition de ne pas les surcharger d’informations différentes. "Opposer “bonne” et “mauvaise” attitude est souvent apprécié, indique aussi le référentiel. On peut le faire à partir de dessins en caricaturant et en utilisant des couleurs qui ont du sens" : vert pour ce qui est autorisé, rouge pour l’interdit et le danger, orange s’il convient d’être prudent…

Travailler les contrastes

Dans le même esprit, l’Inpes, qui a déjà entamé un travail d’adaptation de ses propres supports de communication, attire l’attention sur l’importance des couleurs de contraste pour une bonne compréhension par les personnes malvoyantes. Pour être tout à fait concret, son guide publie un tableau listant les contrastes recommandés pour faciliter le repérage des personnes déficientes visuelles. Il préconise également une différence de contraste entre la couleur du texte et celle du fond "d’au moins 70%". Autres recommandations : miser sur l’illustration, mais bien veiller à la détacher clairement du texte en évitant les "habillages de texte", ou encore, "agrandir autant que possible les logos".

Au final, note l’Inpes, "la prise en compte en amont des personnes handicapées visuelles ou auditives peut même avoir un intérêt pour une communication grand public".  De fait, même s’il nécessite une approche spécifique adaptée à chaque public, "le travail d’adaptation des supports s’avère profitable à un public plus large que celui pour lequel il a été prévu au départ".

Sabine Dreyfus

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)