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Grand âge et autonomie : une consultation citoyenne

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a lancé le 1er octobre 2018 la concertation nationale "Grand âge et autonomie", qui aboutira à un rapport début 2019, puis à une réforme du financement de la dépendance. Outre un débat public sur le territoire, une consultation citoyenne est accessible via la plateforme Make.org.

"Comment mieux prendre soin de nos aînés ?" : c'est la question posée par la consultation citoyenne lancée le 1er octobre 2018, dans le cadre de la concertation nationale intitulée "Grand âge et autonomie". Jusqu'au 1er décembre, les internautes pourront se connecter à la plateforme de Make.org, à l'adresse www.grande-consultation-aines.make.org.
Chaque personne aura la possibilité de se prononcer sur les propositions déjà formulées par d'autres, ou d'inscrire elle-même une préconisation pour améliorer le quotidien des personnes âgées en situation de perte d'autonomie.

"Répondre aux défis de demain"

"Nous sommes face à un risque, non pas nouveau, mais qu'il s'agit de considérer autrement, dans un nouveau cadre, pour répondre aux défis de demain", a indiqué Agnès Buzyn, ministre de la Santé, lors du lancement de cette concertation. Celle-ci constitue un préalable à la réforme du financement de la dépendance prévue pour 2019, et annoncée par le président de la République, Emmanuel Macron, lors du 42e congrès de la Mutualité Française, en juin dernier.

La concertation doit être menée "avec la responsabilité collective de maîtriser les dépenses sociales et de rendre compte, de manière peut-être plus robuste, de la qualité du service qui est rendu à l'usager", a ajouté Agnès Buzyn. "Nous sommes à un tournant. Il convient de questionner nos modes de fonctionnement et nos politiques", a-t-elle renchéri.

Pour Axel Dauchez, président de Make.org, la perte d'autonomie est un "sujet de société qui ne peut pas se résumer à l'action de l'Etat". "Présent dans chaque quartier, village ou famille, il doit impliquer des solutions et des actions de l'ensemble de la société civile pour réussir", a poursuivi Axel Dauchez. Ce dernier compte toucher "plus de 10 millions de Français" via sa plateforme, notamment les populations les plus jeunes.

Dix ateliers thématiques

Cette consultation citoyenne sur Internet servira de base à un rapport attendu pour "fin janvier, début février 2019", en vue de la future réforme, a expliqué Dominique Libault, pilote de la concertation. Un conseil d'orientation et un conseil scientifique seront en charge de la gouvernance de ce chantier.

D'ici à la remise du rapport, un vaste débat public aura également lieu sur l'ensemble du territoire. Dix ateliers; regroupant des représentants de l'Etat et des collectivités, des experts, des représentants d'associations ou des fédérations d'usagers et de professionnels, se réuniront jusqu'en janvier 2019.

Les participants aborderont dix thématiques cruciales : gouvernance et pilotage, avec la question d'un cinquième risque ; panier de biens et services, et reste à charge ; nouveaux financements ; parcours des personnes âgées, prévention de la perte d'autonomie et bien vieillir ; métiers d'aide et du soin ; aidants, famille et bénévolat ; offre de demain en établissement ; cadre de vie ; hôpital et personne âgée.

Chaque thème fera l'objet d'une phase de diagnostic, d'une priorisation des objectifs, d'un approfondissement des pistes de réflexion et, enfin, d'une phase de finalisation, avec la formalisation et la validation des conclusions.

Faire remonter les besoins

Par ailleurs, des groupes d'expression donneront la parole aux personnes âgées, aux aidants et aux professionnels du secteur médico-social, tels que les aides-soignants, les kinésithérapeutes et les infirmières. Ils se dérouleront entre novembre 2018 et janvier 2019. Objectif : faire remonter leurs besoins et idées. Les propositions et les pistes d'actions seront testées dans un second temps.

Au niveau régional, des forums seront organisés en décembre et janvier par les agences régionales de la santé (ARS), avec les caisses d'assurance retraite et de la santé au travail. Ils permettront aussi aux acteurs locaux d'exprimer leurs attentes et de faire remonter les bonnes pratiques. Ces réflexions nourriront celles des dix ateliers thématiques.

Face à cet "enjeu majeur" que constitue la perte d'autonomie, "nous ne pouvons payer le prix de ne rien faire, a conclu Dominique Libault. Notre société toute entière […] se portera mieux si nous assurons la dignité et le libre choix des plus âgés !"

Offre, financement, prévention : la Mutualité prépare des propositions

Dominique Libault, président du Haut Conseil du financement de la protection sociale et pilote de la concertation "Grand âge et autonomie", a sollicité la Mutualité Française pour relayer la consultation citoyenne qui a été lancée le 1er octobre 2018 (www.grande-consultation-aines.make.org).

"La force de relais des acteurs clés du secteur sera déterminante pour assurer une forte visibilité et une participation à la hauteur des enjeux qui sont les nôtres", explique Dominique Libault.

Fortement investie dans ce chantier, la Mutualité Française participera à certains débats menés dans le cadre des dix ateliers thématiques de la concertation. En amont de la concertation, elle s'est déjà engagée activement en divulguant son Observatoire 2018-Place de la Santé, dont la deuxième édition est consacrée à la santé et à la perte d'autonomie.

La Mutualité Française mène actuellement des réflexions sur le financement, l'offre et l'accompagnement, ainsi que la prévention. L'objectif est de verser au débat des propositions qui seront validées par son conseil d'administration fin 2018.

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)