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Dépistage du cancer du col de l’utérus : le frottis, même après 50 ans

L'Institut national du cancer (Inca) et le ministère des Affaires sociales et de la Santé diffusent du 11 au 28 janvier une campagne d'information radio sur le dépistage du cancer du col de l'utérus. Objectif : sensibiliser les femmes à la nécessité de réaliser régulièrement des frottis, notamment chez les plus de 50 ans.

"A quand remonte votre dernier frottis de dépistage ? Vous ne savez pas ? C'est dommage !" C'est sur ce ton, résolument provocateur, que la nouvelle campagne de l'Institut national du cancer (Inca) et des pouvoirs publics interpelle les auditrices des grandes stations radio de métropole et des Dom. Le spot, diffusé du 11 au 28 janvier, vise à sensibiliser les femmes de 25 à 65 ans à la pratique régulière du frottis. Dans l'idéal, cet examen doit être réalisé au moins une fois tous les trois ans.

En France, 40% des femmes ne réalisent pas régulièrement de frottis, le plus souvent "par manque de suivi gynécologique", précise l'Inca. Ce taux atteint 50% en outre-mer. Or, si toutes les femmes entre 25 et 65 ans faisaient un frottis tous les trois ans, "le cancer du col de l'utérus n'existerait presque plus", nous explique l'Inca. Chaque année en France, 3.000 nouveaux cas de cancer du col de l'utérus sont diagnostiqués et 1.000 décès lui sont imputables.

Le frottis : même après la ménopause

La ménopause ne dispense pas les femmes de plus de 50 ans du dépistage du cancer du col de l'utérus. C'est l'un des principaux messages de la campagne. "Après 50 ans, une femme sur deux ne bénéficie plus de ce dépistage, explique Frédéric De Bels, responsable du département dépistage de l'Inca, sachant que la moitié des cancers du col de l'utérus se déclare chez les femmes de plus de 50 ans."

Ce geste de prévention a pourtant fait ses preuves. Depuis sa mise en place au début des années 1980, l'incidence et le nombre de décès liés au cancer du col de l'utérus ont été réduits de moitié. "Chaque année, les frottis cervicaux permettent de détecter entre 30.000 à 40.000 lésions précancéreuses, précise Frédéric De Bels "ce qui permet une prise en charge précoce pour ces femmes."

Un meilleur accès au dépistage

Aujourd'hui, 90% des frottis sont réalisés par un gynécologue. Or, "ce médecin n'est pas le seul professionnel de santé à pouvoir pratiquer cet examen, poursuit-il, encore faut-il le savoir !". Le frottis peut ainsi être pratiqué par le médecin traitant, par une sage-femme (qui peut être contactée directement), en milieu libéral, à l'hôpital, dans un centre de santé, dans un centre de planning familial ou sur prescription dans certains laboratoires d'analyses médicales.

"Il est essentiel que ce message puisse être entendu des femmes qui vivent dans des zones où il y a peu de gynécologues ou celles issues de milieux défavorisés", conclut Frédéric De Bels. Le taux de participation des femmes qui bénéficient de la CMUC est de 43%, contre 63% pour les autres. Ces informations sont encore "trop méconnues des femmes et justifient de continuer à les sensibiliser", estime l'Inca.

Un rappel sur les outils d'aide au diagnostique des médecins

Les médecins généralistes seront informés de la campagne de l'Inca sur le dépistage du cancer du col de l'utérus par l'intermédiaire des logiciels d'aide à la pratique dont ils disposent dans leur cabinet. Pendant tout le mois de janvier, un message s'affichera sur leur ordinateur dès lors qu'un médecin consultera le dossier d'une de ses patientes âgées de 25 à 65 ans.

Philippe Rémond

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)