Cancer : les patients en manque d’accompagnement

Annonce trop brutale du diagnostic, manque de soutien psychologique, choix du traitement : une récente étude montre que les patients atteints d'un cancer souffrent d'un manque d'accompagnement dans leur maladie.

Un patient sur quatre estime que l'annonce de son cancer a été "trop brutale". Un sur deux considère qu'il n'a pas été associé au choix de son traitement. L'étude publiée cette semaine par la direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques (Drees) révèle un manque flagrant d'accompagnement des patients atteints d'un cancer. Cette enquête, qui porte sur les conditions de vie de 4.270 personnes deux ans après l'annonce de la maladie, avait été commanditée par le gouvernement dans le cadre du plan national de lutte contre le cancer.

Trop peu de soutien psychologique

"Même pour ceux qui parviennent à une rémission complète, notent les chercheurs de la Drees, l'expérience du cancer affecte profondément leur vie." De fait, les personnes interrogées déclarent souffrir d'une qualité de vie, physique et mentale très inférieure à celle de la population générale.

Or, peu de patients ont bénéficié d'un soutien psychologique adapté durant la maladie : seulement 4% d'entre eux ont fait appel à un tel accompagnement de leur propre initiative et 7% y ont eu recours dans le cadre d'un suivi organisé par l'établissement. Parmi les malades qui n'ont pas bénéficié d'un soutien psychologique, 20% l'auraient pourtant souhaité. Ces patients sont généralement des femmes, notamment victimes d'un cancer du sein, et des malades plus jeunes qui "expriment un besoin de soutien psychologique non satisfait lors du diagnostic".

Des consultations d'annonce

Le 27 avril 2006, Jacques Chirac a annoncé toute une série de mesures visant à donner un "nouvel élan" au plan national de lutte contre le cancer. Parmi elles, figure notamment la généralisation des consultations destinées à l'annonce du diagnostic. Cette initiative requiert toutefois de former les médecins aux aspects psychologiques indispensables liés à l'annonce de la maladie. Cette consultation, jusqu'à présent réservée aux grands hôpitaux parisiens, devrait désormais être déployée au niveau national.

Un point positif à noter : la grande majorité des patients (86%) déclare avoir reçu une information satisfaisante de la part des médecins et de l'équipe soignante en cours de traitement.

Relayer la prévention en famille

Les malades sont souvent les premiers à conseiller le dépistage à leurs proches : selon la Drees, c'est le cas pour 61% d'entre eux. Les patients atteints d'un cancer pour lequel il existe un risque familial (cancer du sein ou cancer colorectal par exemple) sont encore plus nombreux à le conseiller, notamment les femmes de 50 à 69 ans. Cette population est justement particulièrement ciblée par les campagnes de prévention, contre le cancer du sein notamment. "L'association de ces personnes à la diffusion de l'information dans leur environnement familial est un point fort d'action à envisager", conclut la Drees.