Cancer du sein : dépistage gratuit pour toutes les femmes à risque

Au printemps 2016, toutes les femmes présentant un risque élevé ou très élevé de cancer du sein bénéficieront, quel que soit leur âge, d'une prise en charge à 100% de leurs examens de dépistage et de suivi, a annoncé le 29 septembre la ministre de la Santé.

Octobre rose est de retour ! Comme chaque année, le mois d'octobre est consacré à la sensibilisation au dépistage précoce du cancer du sein, maladie qui cause près de 12.000 décès par an. "Il s'agit évidemment d'un enjeu de santé publique, enjeu qui ne doit pas concerner seulement les femmes mais l'ensemble de la société", a dé­­claré le 29 septembre la ministre de la Santé.

Le cancer du sein demeure le plus fréquent

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Source : Inca, données 2012

"Nous ne dirons jamais assez que lorsqu'il est détecté tôt, le cancer du sein se guérit dans plus 9 cas sur 10. L'efficacité du dépistage organisé est donc absolument essentielle, a indiqué Marisol Touraine. L'enjeu d'Octo­bre rose est de faire passer largement ce message. C'est aussi l'occasion de rappeler que certaines femmes sont plus à risque que d'autres. Elles doivent donc être suivies de manière adaptée et financièrement soutenables pour elles."

Des examens plus fréquents

Dès le "printemps 2016", les examens de dépistage et de suivi des femmes qui présentent un "risque aggravé" de cancer du sein seront pris en charge à 100% par l'assurance maladie, selon la fréquence jugée nécessaire par le médecin, a annoncé Marisol Touraine. Cette mesure s'appliquera à toutes les femmes concernées, quel que soit leur âge.

Pour la ministre, il s'agit de corriger la situation "paradoxale" ac­tuelle : alors que ces femmes de moins de 50 ans sont confrontées à un risque plus élevé et doivent réaliser des examens plus fréquents, elles ne sont pas prises en charge à 100% en raison de leur exclusion du programme national.

Lancé en 2004, le dépistage organisé du cancer du sein permet en effet aux seules femmes âgées de 50 à 74 ans de pouvoir effectuer, tous les deux ans, une mammographie intégralement remboursée par l'assurance maladie, rappelle-t-on. Avec un taux de participation de 52,1%, ce dispositif national touche actuellement environ 2,5 millions de femmes dont le risque est essentiellement lié à leur âge.

Mortalité des femmes : les cinq premiers cancers en cause

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Source : Inca, données 2012

La situation est très différente pour les femmes à risque aggravé. Cette notion concerne tout d'abord les femmes à "risque élevé", c'est-à-dire celles qui ont eu "des antécédents de cancer ou de maladies du sein, ou une radiothérapie à haute dose au niveau du thorax", précise Marisol Touraine. Leur nombre est estimé à plus de 900 000, soit environ 10% de la population cible du dépistage organisé, évalue le ministère.

Par ailleurs, le risque aggravé englobe les 17.000 femmes à "risque très élevé" avant 50 ans, du fait d'antécédents familiaux de cancer du sein ou de l'ovaire. Dans leur cas, une consultation d'oncogénétique est indiquée pour rechercher une éventuelle mutation génétique du gène BRCA1 ou BRCA2 prédisposant aux cancers du sein et de l'ovaire.

Pour en savoir plus sur le dépistage organisé du cancer du sein

Une conférence citoyenne et scientifique

A l'occasion d'Octobre rose, la ministre de la Santé a annoncé le 29 septembre le lancement d'une concertation citoyenne et scientifique pour réfléchir collectivement aux "marges de progression de notre politique de dépistage". "Dix ans après la généralisation du dépistage organisé du cancer du sein, nous sommes confrontés à de nouveaux défis", a indiqué Marisol Touraine, évoquant les inégalités d'accès au dépistage national, un taux de participation qui stagne à 52,1% et des controverses autour du surdiagnostic.

Un site dédié www.concertation-depistage.fr est ouvert jusqu'au 15 mars 2016 pour recueillir les contributions du grand public. Dans l'optique d'un plan d'action national, un comité d'orientation remettra un rapport à la ministre de la Santé à l'été 2016.

Ce rapport, rédigé à l'issue d'une réunion publique nationale de clôture, s'appuiera notamment sur les travaux d'une conférence de citoyennes, composée d'environ vingt femmes représentant la diversité des femmes en France. En mars prochain, ces dernières rendront un avis collectif sur l'évolution du dépistage et leurs attentes. Par ailleurs, le comité d'orientation prendra en compte les réflexions d'une conférence de professionnels de santé. Leurs propositions porteront notamment sur l'implication des professionnels de santé dans le dépistage.

Paula Ferreira

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