Bien dormir sans médicaments, c’est possible !

Les somnifères ne sont pas une fatalité. On peut retrouver un bon sommeil sans traitement. Les moyens d'y arriver ? Une bonne connaissance de ses besoins, de nouvelles habitudes de vie et la pratique d'une méthode de relaxation.

D'aussi loin qu’elle s'en souvienne, Jessica a toujours eu des problèmes pour trouver le sommeil. Pourtant, pas question pour cette jeune femme de 25 ans de tomber dans le piège des somnifères. "Je sens bien que mes insomnies surviennent à des périodes clés, lorsque je suis particulièrement angoissée ou stressée. Endormir le problème avec des médicaments ne servirait à rien !", affirme-elle. Jessica a donc préféré se tourner vers la sophrologie, une technique de relaxation visant à mieux appréhender son corps et ses mécanismes. "Cela m'a appris à maîtriser mes émotions et à retrouver une certaine sérénité. Mes insomnies n'ont pas totalement disparu, mais je progresse...", constate-t-elle.

Pour vaincre le cauchemar des nuits blanches, la prise de somnifères n'est pas une fatalité. Le succès croissant des techniques dites "cognitives et comportementales", au premier rang desquelles figure la sophrologie, le montre bien. Une dizaine de séances d'une heure, basées sur des exercices de respiration, permettent souvent de retrouver un sommeil de qualité... sans médicaments !
"Nous vivons dans une société où la raison est hypertrophiée. Résultat : nous avons du mal à "déconnecter" le soir pour nous endormir, explique Daniel Scimeca, médecin sophrologue. La sophrologie nous apprend justement à lâcher prise et à laisser notre corps faire son travail, tout simplement."

Apprendre à se connaître

Outre la relaxation, le respect de certaines règles d'hygiène - éviter les excitants comme le sport ou le café le soir, dormir dans une pièce calme et non surchauffée, ne pas s'endormir devant la télévision - permet aussi, bien souvent, de retrouver naturellement un bon sommeil.

Mais pour Daniel Scimeca, le vrai secret du "bien dormir" réside d'abord dans une bonne connaissance de ses besoins en sommeil. "Il faut prendre le temps de s'observer au moment du réveil et durant la journée, conseille-t-il. Si on se sent reposé, si on a l'impression qu'une équipe de maintenance est passée dans notre corps durant la nuit, c'est qu'on a suffisamment dormi. Sinon, il faut savoir faire plus de place au sommeil, en avançant l'heure du coucher ou en s'accordant une sieste après le déjeuner."

Pour qu'elle soit réellement bénéfique, la sieste ne doit cependant pas excéder 25 à 30 minutes. "Le simple fait de poser la tête sur ses bras et de se laisser aller à la rêverie permet déjà de récupérer", précise Daniel Scimeca. Rien ne sert, en revanche, d'essayer de rattraper le week-end le temps de sommeil perdu durant la semaine : "Non seulement la grasse matinée ne permet pas de récupérer efficacement du manque de sommeil, mais elle génère aussi des frustrations, poursuit-il. Dormir jusqu'à midi le dimanche, c'est perdre la moitié de sa journée de congé, ce qui n'est guère réjouissant !"

A lire aussi : Bien dormir, enfin !, de Damien Léger, éditions First, 2,90 euros.

Sylvie Livet

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