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Antibiorésistance : tous concernés

A l'occasion de la Journée européenne de sensibilisation au bon usage des antibiotiques, qui a lieu chaque année le 18 novembre, Santé publique France entend mobiliser tous les acteurs contre l'antibiorésistance. Près de 12.500 décès par an sont associés à une infection dont la bactérie résiste au traitement.

La surconsommation d'antibiotiques et leur mauvais usage favorisent l'apparition et la diffusion de bactéries de plus en plus résistantes. Lorsque ces médicaments essentiels deviennent inefficaces pour soigner une infection bactérienne, on parle d'antibiorésistance.

A l'occasion de la Journée européenne de sensibilisation au bon usage des antibiotiques, qui a lieu chaque année le 18 novembre, Santé publique France s'associe à l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), à l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et à l'assurance maladie pour mobiliser l'ensemble des acteurs : patients, voyageurs, professionnels de la santé humaine et animale, etc.

Prises d'antibiotiques : +8,6% en dix ans

Un document de sensibilisation, intitulé "Consommation d'antibiotiques et résistance aux antibiotiques en France : soyons concernés, soyons responsables !", regroupe notamment les derniers chiffres clés.

"En santé humaine, plus de 90% des antibiotiques sont consommés en médecine de ville et 7% en établissement de santé", indique ce bilan. En dix ans, la consommation d'antibiotiques a augmenté de 8,6% en ville. Cette évolution aboutit à une prise de 30,3 doses journalières moyennes d'antibiotiques pour 1.000 adultes en 2016, contre 27,9 doses en 2006. La France se situait déjà au 4e rang des pays européens les plus consommateurs d'antibiotiques en 2015, précise le document.

Résistance aux antibiotiques et consommation d'antibiotiques : nous pouvons tous agir

Cliquer ici pour retrouver cette infographie dans le document de sensibilisation "Consommation d'antibiotiques et résistance aux antibiotiques en France : soyons concernés, soyons responsables !" de Santé publique France.

"Chaque année en France, près de 12.500 décès sont associés à une infection à bactérie résistante aux antibiotiques", expliquent Benoît Vallet, directeur général de la Santé, et Patrick Dehaumont, directeur général de l'Alimentation, dans un éditorial commun. "Ce phénomène pourrait devenir l’une des principales causes de mortalité dans le monde. Il remet en question la capacité à soigner les infections, même les plus courantes, que ce soit en médecine de ville, hospitalière ou vétérinaire", préviennent-ils.

Des infections graves

La molécule amoxicilline, qui appartient à la famille des pénicillines, est la plus utilisée en ville, représentant ainsi 40,1% de la consommation d'antibiotiques. L'association amoxicilline-acide clavulanique, dont le spectre d'action contre les infections est plus large, arrive en seconde position (23,8%). En milieu hospitalier, l'amoxicilline-acide clavulanique se place en tête (33,2%).

Au global, les pénicillines ont connu une évolution de 35,3% en ville entre 2006 et 2016, contre 5,5% dans les établissements de santé. En milieu hospitalier, l'augmentation la plus forte concerne les céphalosporines de 3e et 4e générations (+28,3%). Une tendance préoccupante puisque, durant la même période, la résistance de la bactérie Escherichia coli aux céphalosporines de 3e génération a été multipliée par trois en ville et par six en établissement de santé. Le plus souvent sans danger pour la santé, cette bactérie présente dans la flore intestinale peut entraîner des infections graves, urinaires entre autres, rappelle-t-on.

Des recommandations pour chacun

A son niveau, chaque personne peut agir pour prévenir la progression de l'antibiorésistance. Les patients doivent respecter leur traitement et le prendre jusqu'à la fin, avoir une bonne hygiène des mains et se faire vacciner. Ces mesures sont aussi préconisées pour les résidents des établissements médico-sociaux, comme les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Egalement concernés par l'hygiène et la vaccination, les professionnels de santé sont tenus de prescrire un "traitement adapté et pertinent" tout en veillant au "respect des recommandations de prévention de la transmission".

Paula Ferreira

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)