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Agnès Buzyn : « Restaurer la confiance dans la vaccination »

La ministre de la Santé a présenté le vendredi 5 janvier 2018 l'extension de l'obligation vaccinale pour les enfants de moins de deux ans. Pour Agnès Buzyn, il est essentiel de "rétablir la confiance" dans les vaccins et "lutter contre la désinformation et les idées reçues".

"La couverture vaccinale est un enjeu majeur de santé publique. (…). On se vaccine pour soi-même mais aussi pour ses parents, ses enfants, ses proches et tous ceux qui ne peuvent être vaccinés", a déclaré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, vendredi 5 janvier 2018, en présentant l'extension de l'obligation vaccinale pour les jeunes enfants, mesure effective depuis 1er janvier.

Depuis cette date, en effet, onze vaccins sont obligatoires, contre trois précédemment (diphtérie, tétanos, poliomyélite). Les huit autres (contre la coqueluche, l'Haemophilus influenzae de type B, l'hépatite B, le pneumocoque, le méningocoque C, la rougeole, les oreillons, la rubéole) étaient précédemment seulement recommandés.

Dans les faits, 70% des enfants étaient immunisés contre l'ensemble de ces onze maladies. Soit un taux "très insuffisant" pour certaines d'entre elles, juge la ministre, quand l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande une couverture vaccinale de 95% pour éviter tout risque de contagion.

Dix injections obligatoires

Pour Agnès Buzyn, il est essentiel de restaurer la confiance pour parvenir à une couverture vaccinale suffisante. "Il faut lutter contre la désinformation et les idées reçues. Il faut rassurer et rétablir la confiance par un accompagnement en termes d'information et de communication", a-t-elle estimé. Pour ce faire, le ministère mobilisera différents canaux de communication, parmi lesquels les réseaux sociaux.

"Certaines maladies réémergent et entraînent des hospitalisations, des handicaps sévères et des décès chez de jeunes enfants", a déploré la ministre, pour laquelle le défaut de vaccination relève pourtant "plus souvent de la négligence plutôt que de la défiance".

Avec la nouvelle obligation vaccinale, les enfants âgés de 2 à 18 mois devront recevoir dix injections, qui seront administrées lors de six rendez-vous. Cela conditionnera leur entrée en collectivité, de manière à "protéger les nourrissons trop petits, qui ne peuvent encore être vaccinés", a expliqué Agnès Buzyn.

Cette nouvelle obligation vaccinale n'a pas vocation à être définitive. Des obligations ont déjà été levées pour la variole et le BCG, a rappelé la ministre. Il pourrait en être de même si, par exemple, "la rougeole disparaissait de la surface de la terre", a-t-elle indiqué. "Si la confiance envers la vaccination conduisait à une couverture vaccinale de 95% ou 100% comme en Suède", l'obligation pourrait être supprimée, a-t-elle ajouté. "On fera le point chaque année", a-t-elle indiqué.

7.000 euros, contre 1,5 million

L'extension de l'obligation vaccinale devrait coûter 12 millions d'euros par an à l'assurance maladie obligatoire, a précisé Agnès Buzyn. Pour ne s'en tenir qu'au coût financier, la ministre a rappelé que lors la dernière grande épidémie de rougeole en France, le coût des hospitalisations s'est élevé à 1,5 million d’euros, alors que 7.000 euros seulement auraient été nécessaires pour vacciner les personnes concernées.

Anne Baudeneau

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)