croix

Veuillez effectuer une recherche.

Veuillez effectuer une recherche.

Accompagnement des patients par les labos : la Mutualité Française tire le signal d’alarme

Les députés ont adopté le 11 janvier un projet de loi sur le médicament qui permet aux laboratoires pharmaceutiques de mener des programmes individualisés d’aide au traitement. Pour la Mutualité Française, les labos "ne peuvent être à la fois juges et parties". Ce texte de loi est discuté au Sénat le 24 janvier.

Les firmes pharmaceutiques sont en passe de réaliser un vieux rêve : communiquer directement auprès des malades en contournant les professionnels de santé. Le projet de loi les autorisant à organiser des programmes d’accompagnement des malades a été adopté par l’Assemblée nationale le 11 janvier dernier. Il permettra notamment aux laboratoires de suivre les patients dans la prise de leur traitement et, dans les faits, de faire une forme de publicité directe auprès des malades.

Contrôle par les autorités publiques

Ce projet de loi a provoqué l’indignation de la Mutualité Française, de la revue indépendante "Prescrire", des associations de patients et des syndicats de professionnels de santé. Pour répondre à ces critiques, le gouvernement a fait adopter un amendement censé encadrer cette pratique : les médecins devront "s’assurer du consentement" du patient. Ce texte précise également que ces programmes devront être "autorisés par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps)". Enfin, ils devront être soumis à une "évaluation" et à un "contrôle".

Réticences du mouvement mutualiste

Pour la Mutualité Française, ces encadrements ne constituent pas de véritables garde-fous. "Les laboratoires pharmaceutiques ne peuvent être à la fois juges et parties", insiste Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité Française. Ce message, le président de la Mutualité Française l'a fait passé aux senateurs avant l’examen du projet de loi par le Sénat qui a débuté le 24 janvier. D’ores et déjà, il leur a fait part de "ses plus grandes réserves" sur ce dispositif qui permettrait à "l’industrie pharmaceutique de fidéliser les patients à la marque d’un médicament dans le cadre d’une stratégie marketing".

Manque d’objectivité

Début janvier, le collectif "Europe et médicament", auquel appartient la Mutualité Française aux côtés de l’association de consommateurs UFC-Que choisir et de la revue médicale "Prescrire", avait déjà manifesté son indignation : "Par définition, les firmes ne sont pas en situation de faire de l’information comparative fiable sur les traitements." En effet, "comment imaginer qu’une firme soit en mesure d’expliquer à un patient qu’il devrait arrêter son traitement ou en changer pour prendre un médicament commercialisé par un concurrent ?"