Accompagnement des patients : le Sénat fait le bon choix sur le rôle des labos

Les sénateurs ont adopté le 24 janvier un projet de loi sur le médicament. Comme le souhaitait la Mutualité Française, les parlementaires ont finalement supprimé la disposition qui permettait aux laboratoires pharmaceutiques de mener des programmes individualisés d’aide au traitement auprès des patients.

La Mutualité Française a été entendue ! Le Sénat a finalement supprimé la disposition qui autorisait les firmes pharmaceutiques à mener des programmes d’accompagnement des patients. Ce dispositif faisait partie du projet de loi sur le médicament, examiné au Sénat le 24 janvier dernier. Il aurait notamment permis aux laboratoires de suivre les patients dans la prise de leur traitement en faisant une forme de publicité directe auprès des patients.

Ce projet de loi a provoqué l’indignation de la Mutualité Française, des associations de patients, des syndicats de professionnels de santé et de la revue indépendante "Prescrire". "Les laboratoires pharmaceutiques ne peuvent être à la fois juges et parties", a fait valoir Jean-Pierre Davant, président de la Mutualité Française, dans une lettre adressée aux sénateurs le 17 janvier dernier.

Début janvier, le collectif "Europe et médicament", auquel appartient la Mutualité Française, avait déjà manifesté son indignation : "Par définition, les firmes ne sont pas en situation de faire de l’information comparative fiable sur les traitements." En effet "comment imaginer qu’une firme soit en mesure d’expliquer à un patient qu’il devrait arrêter son traitement ou en changer pour prendre un médicament commercialisé par un concurrent ?"