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Accès aux soins des plus démunis : Médecins du monde prédit un « krach sanitaire »

Médecins du monde a publié le 13 octobre un rapport sur l’accès aux soins des plus démunis. Le constat est alarmant. L'organisation alerte les candidats à l'élection présidentielle sur le "démantèlement du système de santé solidaire", qui conduit la France vers un "krach sanitaire".

Médecins du monde (MDM) tire la sonnette d’alarme : la France pourrait être à la veille d’un "krach sanitaire". Cette organisation non gouvernementale (ONG) a rendu public le 13 octobre un rapport particulièrement alarmant sur l’accès aux soins des plus démunis en France. Au vu de sa dégradation, MDM interpelle d’ores et déjà les candidats à l’élection présidentielle. "Ils auront à se prononcer sur des choix qui ont directement à voir avec la manière de vivre ensemble et de se soigner."

Ce rapport montre que "la plupart des patients ne connaissent pas toujours leurs droits en termes de couverture maladie alors que 76 % pourraient y avoir accès", déplore MDM. En conséquence, lors de leur première visite dans un de leurs centres de santé, "de plus en plus de personnes ont recours à MDM pour des problèmes sociaux", poursuit l’ONG. Les travailleurs sociaux ont connu en 2010 une activité "particulièrement soutenue", pour permettre aux patients de bénéficier d’une couverture maladie.

L’ONG rappelle les chiffres de la pauvreté : selon les données publiées en août 2011 par l’Insee, en France, "13,5% de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté", soit avec moins de 954 euros par mois. En outre, "quatre millions de personnes n’ont pas de complémentaire santé ou renoncent aux soins faute de complémentaire santé", ajoute MDM. Elle note que la quasi-totalité "des patients de MDM vit sous le seuil de pauvreté".

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Signe de la dégradation de la situation, "le nombre de consultations médicales a augmenté de plus de 10% en deux ans", note MDM. Autre fait marquant : "près de la moitié des patients vus en consultation en 2010 nécessitent une prise en charge d’au moins six mois", car "les personnes accèdent de plus en plus difficilement au système de soins ou n’arrivent pas à faire valoir leurs droits à la couverture maladie sans une aide préalable".

Résultat : la moitié des femmes enceintes reçues en consultation "présentent un retard de suivi de grossesse et seulement 32% d’entre elles ont accès aux soins prénataux ordinairement proposés". Par ailleurs, les pathologies psychologiques ou psychiatriques sont très répandues. "Un peu plus de 12% des patients reçus" présentent des troubles anxieux ou un syndrome dépressif.

Autre indicateur préoccupant : la couverture vaccinale. Elle "apparaît comme globalement faible avec des taux variant de 28 à 45% selon les vaccins". En outre, "seul un tiers des enfants de moins de 7 ans reçus dans le centre sont à jour des vaccinations". Enfin, "l’état bucco-dentaire des patients est dégradé, poursuit l’ONG. Les dentistes considèrent qu’environ trois patients sur quatre auraient dû être traités plus tôt."

Ce sombre tableau clinique a pour toile de fond "la dégradation significative des conditions de logement […] dans un contexte de crise de l’hébergement d’urgence, accentuée en 2011 par la baisse des subventions", explique MDM. Au regard de cette situation, Médecins du monde alerte les futurs candidats à l’élection présidentielle, car celle-ci résulte du "démantèlement du système de santé solidaire, d’une part, [et de] l’impact sur la santé des politiques sécuritaires, d’autre part", explique MDM. L’inaction "pourrait aggraver le risque d’une crise humanitaire aux portes du système de santé français".

Mylène Leroy

© Agence fédérale d’information mutualiste (Afim)