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Reconnaître la dégénérescence maculaire liée à l’âge

La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est la première cause de cécité après 50 ans dans les pays industrialisés et la troisième dans le monde. Plus on la dépiste tôt, plus on a de chances d’en stopper ou d’en ralentir l’évolution.

On estime qu’en France un million de personnes sont concernées par la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), dont 100.000 avec des troubles fonctionnels sévères. Avec le vieillissement de la population, le nombre de cas devrait augmenter de 50% d’ici vingt ans. Plus on vieillit, plus le risque d’être touché s’accroît. Il est de 7 à 8,8% globalement après 50 ans, mais peut atteindre 30% au-delà de 75 ans.

"La macula est une partie très petite de l’œil, mais essentielle pour la vision fine des détails et des contrastes", explique le Dr Mustapha Benchaboune, du service du Pr José-Alain Sahel de l’hôpital des Quinze-Vingts (Paris). Bilatérale, cette maladie atteint les deux yeux, mais le plus souvent, l’un est touché avant l’autre.

Images déformées
Dans sa phase initiale, le patient ne se rend compte de rien. "Le premier signe qui doit alerter est un besoin de plus de lumière, souligne l’ophtalmologiste. La déformation des images est un des autres symptômes : le patient voit les lignes, les trottoirs, les cadres un peu ondulés ou déformés. Au début, c’est très discret. Si on ne cache pas un œil pour regarder avec l’autre, cela peut passer inaperçu. C’est pourquoi il est important de faire ces manœuvres alternées : regarder avec un œil puis l’autre."

Dès ces premiers signes, il faut consulter un ophtalmologiste. Avec un fond d’œil, un examen pratiqué au cabinet médical, il met facilement en évidence l’éventuelle présence de drusen, des dépôts caractéristiques de la DMLA. "L’œil est en permanence irrigué par des vaisseaux, précise le Dr Benchaboune. Avec l’âge, les déchets de cette alimentation sont moins bien évacués. La macula est progressivement envahie par des zones d’atrophie et des vaisseaux anormaux qui vont altérer la vision. Cette pathologie évolue sur plusieurs années, à des rythmes différents selon les formes."

Evolution sur plusieurs années
Dans la forme débutante, s’il n’existe pas de traitements pour l’instant, le spécialiste délivre des conseils en matière d’hygiène de vie. Bien suivis, ils peuvent retarder l’apparition de complications. "L’alimentation est très importante, poursuit ce spécialiste. On parle même de nutrition oculaire. Il faut se nourrir de la façon la plus équilibrée possible avec beaucoup de fruits, de légumes, de poisson, peu de viande pour limiter les dépôts. Dans certains cas, il est recommandé de renforcer l’apport alimentaire en vitamines et oligo-éléments avec des gélules qui peuvent diminuer le risque d’aggravation."

"Il est important également de se protéger du soleil et de mettre des lunettes teintées, poursuit-il. Enfin, il faut pratiquer une activité physique régulière : elle améliore la circulation des vaisseaux sanguins et des capillaires présents sur la rétine."

Les traitements des formes aggravées
L’aggravation intervient sous deux formes. Dans 40% des cas, la DMLA est dite "humide" ou exsudative. "Les vaisseaux autour de la macula, qui normalement en est dépourvue, se développent et des “néo-vaisseaux” envahissent le centre de l’œil, ce qui peut provoquer un scotome, une tache fixe dans le champ de vision", indique le Dr Benchaboune. La vue baisse en quelques semaines.

La pathologie est traitée par des injections intravitréennes, c’est-à-dire au niveau de la conjonctive (blanc de l’œil), non douloureuses, à raison d’une par mois. Le nombre d’injections nécessaires varie en fonction de chaque cas et dépend de l’évolution de la maladie.

Dans l’autre forme, la forme sèche ou atrophique, plus fréquente mais d’évolution plus lente, il n’existe pas encore de traitement. Beaucoup de recherches sont en cours. "Dans les deux cas, une fois la situation stabilisée, les patients peuvent être aidés avec de la rééducation et des équipements de basse vision comme la loupe ou le télé-agrandisseur", souligne l’ophtalmologiste.

Corinne Renou-Nativel