Nutrition : les bonnes et mauvaises recettes des Français

Moins d’alcool, de grignotage, de sel et de matières grasses mais plus de plats cuisinés, de boissons et produits sucrés… Les Français adoptent à la fois de meilleures et moins bonnes habitudes alimentaires, révèle le "Baromètre santé nutrition 2008" publié fin janvier par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes).

Les habitudes alimentaires des Français s’améliorent sur certains points et se dégradent sur d’autres. C’est ce que révèle le Baromètre santé nutrition 2008 publié le 26 janvier par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Il s’agit de la troisième vague d’enquête sur les habitudes alimentaires des Français mais aussi sur "leurs connaissances et perceptions en matière d’alimentation et d’activité physique".

Du côté des bonnes nouvelles, le grignotage décroît puisqu’il touche "5,6%" de la population en 2008, contre "8,8%" en 2002, indique l’Inpes. Cette baisse "s’observe également chez les jeunes de 12 à 18 ans", bien qu’ils soient proportionnellement plus nombreux à manger entre les repas : 8,5% en 2008, au lieu de 13,3% en 2002. "L’habitude de mettre des matières grasses ou du sel à table" diminue également. Enfin, "la baisse de la consommation d’alcool se confirme" : 37,4% des 18-75 ans déclarent avoir bu la veille de l’enquête, contre "39,4% en 2002 et 44,7% en 1996".

A l’inverse, l’Inpes déplore des "consommations élevées" de boissons sucrées chez les 18-75 ans : elles sont passées de "19,5% à 22% entre 2002 et 2008". Les jeunes de 12 à 17 ans sont, "de loin", les plus forts buveurs avec un taux de 36,2%. Pour les seuls garçons, ce résultat est de 43,6% ! Les produits sucrés ont, eux aussi, trop de succès puisque trois quarts des 18-75 ans affirment en avoir mangé au moins une fois la veille de l’interview. Ces comportements augmentent les risques de surpoids ou d’obésité. C’est d’autant plus préoccupant que "57,5% des personnes de 15 à 75 ans n’atteignent pas un niveau d’activité physique d’une durée et d’une intensité suffisantes pour entraîner des bénéfices sur la santé".

L’insécurité alimentaire touche 2,5% des 25-75 ans
Autre mauvaise habitude alimentaire : les plats cuisinés de types surgelés, conserves ou encore fast-food sont "de plus en plus consommés". En 2008, 47,3% des Français ont recours à un plat "tout prêt", "au moins une fois par semaine". Six ans auparavant, la proportion était de 32,2%. "Cette tendance s’observe quel que soit l’âge", avec cependant une nette prépondérance "chez les jeunes et les jeunes adultes".

Malgré ces résultats, 28,1% des personnes savent qu’il convient de manger "au moins 5 fruits et légumes par jour pour être en bonne santé", contre seulement 2,5% en 2002. Si cette préconisation est encore peu suivie, elle l’est davantage par les femmes (13%) que les hommes (10,7%). Ceux qui l’appliquent le plus sont les 55-75 ans (22,5 %). Dans le même esprit, moins d’un quart des personnes a consommé le nombre de produits laitiers recommandés.

L’aspect économique semble prendre de l’ampleur dans le choix des produits alimentaires. Désormais, 84% des personnes optent pour les "grandes et moyennes surfaces". Elles prennent en compte la marque du produit, sa composition, le label et le prix. Le critère du prix arrive en "quatrième position mais progresse depuis 2002", constate l’Inpes. Plus inquiétant : 2,5% des Français de 25 à 75 ans n’ont pas "assez à manger dans leur foyer" et sont considérés en "insécurité alimentaire". Ils sont le plus souvent dans "une situation sociale et personnelle très fragilisée" : jeunes, personnes seules, non diplômés, bénéficiaires du RMI… Ceux-ci ont généralement une alimentation "moins diversifiée", comprenant "moins souvent des fruits, des légumes et du poisson".

Paula Ferreira