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Les patients prennent la défense du conventionnement mutualiste

A l'inverse de l'Assemblée nationale, le Sénat refuse d'autoriser les mutuelles à mettre en place un réseau national de professionnels de santé conventionnés au bénéfice de leurs adhérents. Les sénateurs empêchent ainsi l'amélioration des remboursements des adhérents mutualistes qui consultent ces professionnels conventionnés. Pour Christian Saout, président du Collectif interassociatif sur la santé (Ciss), cette mesure va contre l'intérêt des patients.

Les mutuelles réclament le droit de conventionner avec des professionnels de santé et de pouvoir améliorer leurs remboursements lorsque les adhérents consultent ces professionnels. Que pensez-vous d’un tel dispositif ?
Christian Saout – D’abord, ce n’est que justice. Dès lors que les autres complémentaires y sont autorisées, il faut ajuster les mutuelles sur le droit commun. Ensuite, c’est pertinent, car il s’agit d’aller dans le sens de l’intérêt général, qui réclame que l’on optimise le fonctionnement de notre système de santé.

Je pense notamment au secteur de l’optique où le prix d’achat des lunettes n’a plus rien à voir avec le coût de leur fabrication et de leur vente, à tel point que certains en offrent trois pour le prix d’une. Quelle bonne blague : les deux paires supplémentaires ne sont pas gratuites : elles ont été payées par les consommateurs eux-mêmes dans le cadre de leurs contrats complémentaires ! Refuser le conventionnement des professionnels de santé, c’est faire le jeu des lobbys qui s’abritent derrière la défense du consommateur pour mieux dissimuler leurs appétits. La représentation nationale doit être au-dessus de ces calculs de boutique.

Quels avantages les patients peuvent-ils attendre de ce conventionnement ?
C. S – Une telle orientation va favoriser l’arbitrage qualité-prix, quel que soit le domaine concerné : dentaire, optique, médecine. Vu les pratiques de terrain et les faibles avancées concédées par le Parlement il y a quelques semaines en matière de prothèses dentaires, on voit bien que le droit au devis ne progresse pas ou mal. Ce conventionnement est peut-être enfin une chance d’avoir de l’information juste sur la qualité d’un produit ou d’une prestation de santé.

C’est aussi une occasion de faire baisser les prix dans des domaines où ils ne sont pas du tout ou mal régulés, comme l’optique et le dentaire. Enfin, c’est la possibilité pour le patient de bénéficier, via sa mutuelle, des informations qu’il est en droit d’attendre sur la traçabilité de la qualité et de la sécurité des soins, informations qui lui sont aujourd’hui inaccessibles.

Ce conventionnement pourrait se traduire par une option dans le contrat de l'adhérent mutualiste lui permettant d'être mieux remboursé quand il voit un professionnel de santé conventionné. De quelles conditions faudrait-il assortir ce dispositif pour donner toute garantie et toute confiance aux usagers ?
C.S – Il faut qu’il fasse l’objet d’une information claire distinguant les conditions qui s’appliquent à cette option de celles des autres options du contrat. Et il faut que la personne bénéficie d’un niveau d’information plus important, sur le site ou le numéro vert de sa complémentaire santé, en matière de rapport qualité-prix de cette option. Ce qu’il convient de garantir ici, c’est l’exercice du libre choix entre les options du contrat par son souscrivant.

Propos recueillis par Sabine Dreyfus