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Les médicaments génériques menacés, selon le mensuel Mut’écho

L’assurance maladie a passé au crible les prescriptions au sein des principales classes de médicaments. Résultat alarmant : la part des génériques recule sur la période 2006-2009. Dans son dernier numéro, le mensuel Mut’écho s’interroge : qui veut la peau des génériques ? Réponse avec Laure Lechertier, responsable du département médicament de la Mutualité Française.

La France demeure le pays européen le plus dépensier en matière de médicaments : sa dépense moyenne par habitant et par an atteint 114 euros en 2009. Ce résultat est issu d’une étude réalisée par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) sur la consommation pharmaceutique en France et dans six autres pays européens, entre 2006 et 2009.

Cette étude porte sur les 8 principales classes thérapeutiques : antibiotiques, antidiabétiques oraux, antiasthmatiques, anticholestérols, antidépresseurs, antihypertenseurs, antiulcéreux et tranquillisants. Ces spécialités représentent près de 38% des dépenses totales de pharmacie.

Le recul de la part des prescriptions réalisées au sein des génériques est en grande partie responsable des mauvais résultats français. Illustration : la France compte le taux le plus faible de prescriptions génériques d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Les versions génériques des ces antiulcéreux ont représenté 63% des prescriptions en 2009, contre 71% en 2006. En comparaison, ce taux atteint 96% en Allemagne et 93% en Espagne ou au Royaume-Uni.

"La délivrance de génériques en France
est l'une des plus basses du monde"
Dans une interview au mensuel mutualiste Mut’écho, Laure Lechertier, responsable du département médicament à la Mutualité Française, estime que le marché des génériques est sur la mauvaise pente : "La délivrance de génériques en France demeure l’une des plus basses du monde : 1 boîte de médicaments sur 5 est un générique, alors que l’on dépasse 1 boîte sur 2 en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis."

Pour la Mutualité Française, l’étude de la Cnam confirme un véritable phénomène d’érosion des prescriptions réalisées au sein du répertoire des génériques. Les médecins les délaissent et reportent leurs prescriptions sur des médicaments de marque qui n’ont pas de valeur thérapeutique ajoutée. Or, ces médicaments sont encore protégés par un brevet et sont donc, de fait, plus couteux.

Comment expliquer cette fuite des prescriptions ? D’abord par la stratégie très efficace des fabricants de médicaments originaux, qui défendent leurs intérêts. Les techniques de contournement des génériques sont très élaborées : dépôt de brevets secondaires pour prolonger artificiellement la durée de protection d’un produit, association de deux molécules déjà existantes afin de créer un nouveau médicament sous brevet...

Un surcoût de 140 millions d'euros
Le cas du deuxième médicament remboursé par les mutuelles, l’ésoméprazole, est édifiant. Cet antiulcéreux, vendu par le laboratoire AstraZeneca sous le nom de marque Inexium®, appartient à la famille des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP). Il n’est pas plus efficace que l’oméprazole, plus connu sous le nom commercial de Mopral®. Mais différence de taille : l’oméprazole est dans le domaine public depuis 2004 alors que l’ésoméprazole est encore protégé. Cela représente un surcoût d’environ 140 millions d’euros par an pour l’assurance maladie obligatoire !

Retrouvez l’intégralité de cette analyse dans le numéro d’avril de Mut’écho, le mensuel des militants et des sympathisants mutualistes.

Paula Ferreira et Pascal Lelièvre