Infarctus : appelez le 15 dès les premières douleurs

La Haute Autorité de santé (HAS) souhaite améliorer la prise en charge de l'infarctus du myocarde. Objectif : faire baisser la mortalité des personnes atteintes et améliorer leur suivi par les professionnels de santé. La HAS veut aussi sensibiliser la population au bon usage du 15.

Le message a le mérite de la simplicité : il faut appeler sans tarder le 15 dès les premiers symptômes d'un infarctus du myocarde, rappelle la Haute Autorité de santé. Quels sont les signes qui doivent vous alerter ? Le plus souvent, ils se manifestent par une douleur qui serre fortement la poitrine, comme dans un étau. Cette douleur peut également diffuser dans les bras ou la mâchoire. Elle peut être accompagnée de nausées, de sueurs, d'essoufflement, etc. Problème : de nombreuses personnes attendent trop longtemps et ne pensent pas forcément à appeler le Samu.

"Malgré les campagnes de sensibilisation, seuls 55% des victimes d'infarctus pensent à faire le 15, déplore le Pr Patrick Goldstein, président de la société française de médecin d'urgence (SFMU). Ce manque de recours au 15 concerne typiquement des hommes de 50 ans réveillés par une douleur thoracique à quatre heures du matin. Ils ne pensent pas à l'infarctus et se disent qu'ils auront tout le temps d'appeler leur médecin en cas de besoin le lendemain."

L'autre exemple avancé par ce médecin urgentiste concerne les femmes de plus de 75 ans qui attendent trop longtemps avant d'appeler les secours. "La prise en charge doit avoir lieu le plus rapidement possible !", insiste-t-il. "Gagner du temps, c'est gagner du coeur !", résume de son coté le président de la HAS, le Pr Laurent Degos.

Le médecin traitant au coeur de la prévention
Du coté des professionnels de santé, l'enjeu est d'améliorer le parcours du patient dès sa prise en charge par les équipes d'urgence. " Les malades doivent être orientés le plus rapidement possible dans un service de cardiologie", explique la Dre Armelle Desplanques, chef du service des programmes pilotes de la HAS.

Autre piste : améliorer le suivi des malades. "Le médecin traitant joue ici un rôle central, indique Armelle Desplanques. C'est lui qui est amené à adapter le traitement du patient, avec le cardiologue. Il est aussi au coeur de la prévention avant et après l'infarctus. Il peut repérer les patients à risque comme les diabétiques, les fumeurs, les hypertendus ou les personnes en surpoids. Il intervient également pour les inciter à arrêter de fumer, à bien observer leurs traitements, etc."

Chaque année en France, 100.000 personnes sont victimes d'un infarctus du myocarde. Si en dix ans, la mortalité a diminué de moitié, elle reste cependant élevée : 13% des patients décèdent la première année.

Philippe Rémond