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Handicap : favoriser l’accompagnement par les pairs

La Mutualité Française des Deux-Sèvres expérimente dans ce département et dans la Vienne un dispositif baptisé "pairémulation". Son principe : une personne en situation de handicap physique ayant retrouvé une autonomie accompagne une personne nouvellement handicapée. Cette démarche réalisée en établissement ou à domicile vise à faciliter l’insertion.

Comment aider une personne récemment en situation de handicap à aborder sa nouvelle vie ? La Mutualité Française des Deux-Sèvres expérimente actuellement une initiative baptisée "pairémulation", avec le soutien de la Fondation Paul Bennetot et plusieurs partenaires de l’économie sociale*. Cette démarche est testée à domicile dans ce département, ainsi que dans la Vienne, à Poitiers, au sein du centre hospitalier universitaire (CHU).

Quel est son principe? Une personne en situation de handicap physique, ayant retrouvé un niveau d’autonomie, accompagne une personne nouvellement handicapée suite à un accident ou une maladie. "L’objectif de ce dispositif est la transmission du parcours et de l’expérience de vie", explique Catherine Trotin, chef de projet de la pairémulation au cabinet Scop Martin et Co, organisme chargé de mettre en œuvre cette initiative. "Il s’agit d’avoir un véritable échange sans émettre de jugement de valeur", poursuit-elle.

Améliorer la vie quotidienne
Cette action vise à soutenir la personne lors de sa rééducation ou en fin d’hospitalisation afin de préparer son retour à domicile et faciliter ainsi sa réinsertion dans la vie de tous les jours. Le but est de créer autour d’elle un pôle d’accompagnement composé d’une équipe pluridisciplinaire (médecins, aide soignante, kinésithérapie, ergothérapeute…) dont la coordination est assurée par un pairémulateur.

L’apport du pairémulateur consiste notamment à délivrer des conseils pratiques pour aider la personne handicapée dans sa vie quotidienne. A titre d’exemple, la discussion peut concerner l’aménagement de la maison, notamment pour que la chambre à coucher soit au rez-de-chaussée. Autre conseil : se munir d’une canne pour faire la queue à la caisse d’un supermarché pour les personnes ayant un handicap physique "invisible".

Autre volet : la vie professionnelle. La mission de cet accompagnement est le maintien de l’employabilité. Dans cette optique, la personne en situation de handicap est incitée, le cas échéant, à faire le deuil de son dernier emploi afin de bâtir un nouveau projet professionnel. Enfin, le soutien concerne la vie sociale. La personne bénéficiera, par exemple, de contacts avec des associations pour favoriser son intégration par le sport ou la culture. "La pairémulation complète l’action des maisons départementales pour personnes handicapées (MDPH)", indique Catherine Trotin.

Il existe pour l’heure deux catégories de pairémulateurs. La première est composée de professionnels dont l’activité est d’assurer la coordination du pôle d’accompagnement, mais aussi d’aider au maintien dans un projet professionnel. La seconde est composée des bénévoles qui s’occupent des volets "vie quotidienne" et "vie sociale".

Tout l’enjeu de la pairémulation est de former de plus en plus de bénévoles ou de professionnels. Il s’agit de favoriser la naissance d’un nouveau métier. Après son évaluation, ce dispositif pourrait être développé dans les autres départements de la région Poitou-Charentes.

Christophe de La Mure

* Groupement national pour l’insertion des personnes handicapées physiques (GIHP), Groupement français des personnes handicapées (GFPH) et le cabinet Scop Martin et Co.