Etude NutriNet-Santé : les Français se trouvent trop gros

Les premiers résultats de l'étude sur l'alimentation des Français, NutriNet-Santé, ont été rendus publics le 30 novembre. Plus de la moitié des hommes et 70% des femmes interrogés souhaiteraient peser moins. Cette étude, qui inclut plus de 100.000 internautes volontaires, vise à identifier l'influence de l'alimentation sur la santé de la population.

Les Français aimeraient perdre du poids. C'est ce qui ressort des premiers résultats de l'étude NutriNet-Santé de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Ils ont été communiqués le 30 novembre, six mois après le lancement de l'étude. Plus d'un homme sur deux (55%) et 70% des femmes inscrits souhaiteraient peser moins sur la balance. Les femmes ont un regard plus critique, voire trompeur, vis-à-vis de leur ligne : 30% de celles qui ont un poids normal se trouvent trop grosses, contre 13% des hommes.

"Rien d'étonnant à cela", explique l'investigateur principal de cette étude, Serge Hercberg. "Les femmes sont influencées par l'image idéale de minceur, véhiculée par les médias, les milieux de la mode, de la communication ou du spectacle", constate ce professeur de nutrition à l'université Paris 13. "Beaucoup de femmes veulent maigrir, alors qu'elles n'ont aucune raison de perdre du poids."

Une France du beurre et une France de l'huile
Autre enseignement : les habitudes régionales et culturelles perdurent en matière d'alimentation. Ainsi, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) consomme deux fois plus d'huile d'olive que la moyenne nationale, tandis que les Bas-Normands ont une consommation de beurre plus élevée de 22%. "D'une manière générale, les populations du Nord et de l'Est de la France ont des apports alimentaires moins favorables à un bon équilibre", explique Serge Hercberg. "A terme, NutriNet-Santé nous permettra de mieux comprendre les relations qui existent entre santé et nutrition."

Cette étude vient de franchir le cap des 100.000 "nutrinautes". Elle veut rassembler à terme 500.000 internautes et suivre leurs comportements alimentaires pendant une durée de cinq ans. Les participants s'engagent à remplir des questionnaires sur leur alimentation, leur activité physique, leur poids et leur taille, etc. Des questionnaires plus limités sont ensuite envoyés chaque mois, afin d'assurer le suivi des participants. "Toutes les données que nous pouvons collecter représentent un véritable patrimoine scientifique pour les chercheurs", conclut Serge Hercberg. "En s'inscrivant à NutriNet-Santé, les internautes apportent une aide concrète à la connaissance scientifique."

Philippe Rémond