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Don du sang : du donneur au receveur, une chaîne solidaire et sécurisée

Chaque année en France, 1,6 million de personnes donnent leur sang. Ce geste simple de solidarité permet la survie de nombreux patients atteints d'un cancer, d'une maladie du sang ou victimes d'un accident. Que devient le sang que l'on vous prélève une fois le don effectué ? Reportage photo à l'Etablissement français du sang (EFS) de Lorraine-Champagne, à Nancy.

Avec une réserve de sang de 14 jours, les indicateurs de l'Etablissement français de sang (EFS) de Nancy sont dans le vert. "C'est loin d'être toujours le cas !", alerte d'emblée Chantal Jacquot, directrice adjointe du prélèvement de l'EFS de Lorraine-Champagne. Nous avons connu une période très difficile au mois de janvier, où nos réserves ont atteint un seuil critique. Nous avons dû mener campagne pour recruter des donneurs."

Traditionnellement, les dons de sang connaissent une baisse significative après les fêtes de fin d'année, au mois de janvier, et pendant les vacances d'été, en août notamment. "Les donneurs habituels sont absents et les écarts faits pendant les fêtes n'incitent pas à aller donner son sang", explique Chantal Jacquot.

Contrainte : le concentré de globules rouges contenu dans les poches a une durée de vie de 42 jours. "Nous travaillons quasiment en flux tendu, afin de réduire les pertes au maximum. Cela nous pose des problèmes lorsque la mobilisation est moindre, précise-t-elle. Mais d'une manière générale, nous avons besoin de monde toute l'année ! Nos réserves permettent à la Lorraine-Champagne d'aider régulièrement les régions déficitaires comme l'Ile-de-France." Chaque année, 1,6 million de Français donnent leur sang dans l'un des 17 sites régionaux de l'Etablissement français de sang.

Sensibilisée dès le plus jeune âge
Ce matin, Hélène Dobosziewicz, 18 ans, a pris rendez-vous à l'EFS de Nancy. Malgré son jeune âge, cette étudiante en médecine a été sensibilisée très tôt au don de sang. "Ma mère m'emmenait avec elle lorsque j'étais enfant, raconte-t-elle. Du coup, je n'ai jamais eu d'appréhension vis-à-vis de l'aiguille. Un problème de santé l'empêche aujourd'hui de donner son sang, mais j'ai pris le relais ! Je donne dès que je peux. Chaque don de sang doit être espacé de 8 semaines." Avant d'aller en salle de prélèvement, Hélène Dobosziewicz a répondu à un questionnaire médical. Celui-ci est ensuite complété par un médecin, afin de contrôler son aptitude pour le don.

Lors du prélèvement, l'infirmière commence par mettre de côté cinq tubes de sang. Ces échantillons seront associés à la poche principale de prélèvement grâce à un code barre. Ils serviront à effectuer les tests de sérologie : sida, hépatites B et C, syphilis... Ils seront également utilisés pour déterminer le groupe sanguin du donneur (A, B, AB ou O), ainsi que son rhésus (positif ou négatif). La poche principale recueille le sang total. Elle est stockée en attendant le feu vert du laboratoire chargé d'analyser les échantillons. Si aucune anomalie n'est détectée, le traitement de la poche peut se poursuivre (lancer le diaporama pour suivre le parcours des poches de sang).

"Le don de sang m'a sauvé la vie"
A l'autre bout de la chaîne, côté receveur, Daniel Gris est doublement redevable au don de sang. "On m'a diagnostiqué une leucémie en 1987, lors d'un don, explique ce cadre de 53 ans. J'avais 31 ans. Je ne m'en serais sans doute pas rendu compte à cette époque si je n'avais pas voulu donner mon sang. J'ai été suivi de près pendant plusieurs années, avant que la maladie ne s'aggrave en 1993. J'ai reçu cinq ou six poches de sang tout au long de mon traitement par chimio et radiothérapie."

Une fois ce traitement de choc administré, Daniel Gris a pu recevoir la greffe de moelle osseuse qui lui a sauvé la vie. "Aujourd'hui, je n'ai plus de problème de santé, se réjouit-il avant d'ajouter, rieur : suite à cette greffe, mon groupe sanguin a changé pour celui du donneur, qui était en fait une donneuse. Je suis passé du groupe A+ à O+. Malgré les apparences, mon sang est celui d'une femme !" Et si aujourd'hui Daniel Gris ne peut plus donner son sang, ce militant préside l'Association départementale de don d'organes et de tissus humains. Donnant-donnant !

Philippe Rémond

Quelles sont les conditions pour donner son sang ?

Vous pouvez donner votre sang :
- de 18 à 70 ans,
- si vous êtes reconnu(e) médicalement apte au don par le médecin de prélèvement,
- si votre poids est au moins égal à 50 kg,
- si votre taux d'hémoglobine est suffisant (si vous êtes nouveau donneur, un dosage sera effectué).

Pour un premier don, vous devez :
- vous munir d'une pièce d'identité.

Dans certaines situations, vous devrez attendre pour donner votre sang :
- 14 jours après la fin d'un traitement par antibiotiques,
- 7 jours après des soins dentaires,
- 14 jours minimum après un épisode infectieux,
- 4 mois après un voyage dans un pays où sévit le paludisme (malaria),
- 4 mois après une intervention chirurgicale importante (hospitalisation de plus de 24h).

Contrairement aux idées reçues, il ne faut pas venir à jeun. Il est conseillé de faire un repas léger la veille du don et de bien s'hydrater.