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Contraception intra-utérine : la nouvelle vie du stérilet

De nombreuses femmes se détournent de la pilule pour des moyens de contraception plus naturels. Encore parfois appelé stérilet, le dispositif intra-utérin (DIU) a longtemps été victime de croyances erronées. Pourtant, c'est une alternative fiable à la pilule, recommandée à tous les âges de la vie adulte par la Haute autorité de santé (HAS). Aujourd'hui, c'est le deuxième moyen contraceptif le plus utilisé en France.

Plaquer sa plaquette : c'est le choix de plus en plus de femmes, qui jugent la pilule trop contraignante, trop normative. "Nous sortons de l’ère du tout pilule, constate la Dre Jacqueline Mazola, gynécologue au Planning familial de Paris. On sous-estime les contraintes que suppose sa prise quotidienne, surtout chez les jeunes filles. Or, les pilules actuelles sont si faiblement dosées que tout retard de plus de 12 heures peut exposer à une grossesse."

De fait, le taux d’interruptions volontaires de grossesse (IVG) en France compte toujours parmi les plus importants d’Europe occidentale. Selon une étude du ministère de la Santé, il était proche de 1,47% en 2007. "Plus de 210.000 femmes de 15 à 49 ans sont concernées chaque année", précise cette enquête en soulignant l’importance de "l’adaptation des méthodes de contraception aux conditions de vie sociales, affectives et sexuelles" des femmes.

C’est dans cet esprit qu’a été lancée en 2007 une campagne nationale par le ministère de la Santé et l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) : "La meilleure contraception, c’est celle que la femme choisit." Mais ce choix n’est pas toujours possible au niveau financier : "Il existe des moyens hormonaux, comme le patch ou l’anneau, fiables et peu contraignants mais, malheureusement, chers et non remboursés", déplore la Dre Mazola.

"Réentendre son corps"
La peur de l’oubli est l’une des principales craintes des jeunes filles. Les trentenaires, qui ont souvent pris la pilule pendant plusieurs années avant de s’en détourner, évoquent d’autres raisons. Elles sont "d’ordre à la fois écologique, dans un monde où l’on revient au tout naturel en diabolisant les hormones, et personnel, par ras-le-bol ou pour entendre à nouveau leur corps", décrypte la Dre Michèle Lachowsky, gynécologue-psychosomaticienne à Paris.

Longtemps victime de croyances erronées, notamment sur des risques d’infection pouvant provoquer une stérilité – d’où son ancienne appellation de "stérilet" –, le dispositif intra-utérin (DIU) a ainsi regagné la confiance des femmes et des médecins. Plus fiable que le diaphragme et remboursé par l’assurance maladie, il est le deuxième moyen de contraception utilisé en France et le premier au monde avec plus de 180 millions d’utilisatrices.

Le DIU, choix possible à tout âge
Le DIU a un mode d'action local et respectueux du fonctionnement ovarien : il n'influence pas la sécrétion des estrogènes naturels. Fiable à plus de 98%, il est posé dans l’utérus par un médecin et changé tous les trois à cinq ans. En cuivre ou, plus fréquemment traité aux progestatifs (norvogestrel), il est recommandé à tous les âges de la vie, "y compris aux femmes sans enfant", rappelle le Planning familial en fustigeant les "idées reçues."

Le DIU aux progestatifs entraîne un épaississement de la glaire cervicale, qui limite le passage des spermatozoïdes, et une diminution de l’épaississement de l’endomètre, empêchant la nidation de l’œuf. Après, parfois, quelques épisodes de léger saignement – appelés "spotting" par les médecins –, il peut entraîner une absence de règles. Le modèle en cuivre provoque une inflammation utérine défavorable à la nidation de l’œuf. Il peut être la cause de règles plus abondantes pendant les premiers mois.

Fiable et discret
"Je porte un DIU hormonal depuis deux ans, raconte Stéphanie, 34 ans. J’ai choisi cette contraception après la naissance de mon fils car, auparavant, j’oubliais souvent ma pilule. A présent, je n’ai plus besoin d’y penser ! C’est aussi plus économique. Enfin, je ressens moins d’effets secondaires avec le DIU et j’ai l’impression que c’est plus naturel. J’ai apprécié que mon médecin me donne le choix, car j’en avais un peu assez de la pilule."

Comme pour tout contraceptif, le DIU a des contre-indications. Elles concernent notamment les femmes à partenaires multiples ou celles souffrant de cystites récidivantes ou présentant un antécédent de grossesse extra-utérine. De plus, en cas d’infection sexuellement transmissible (IST) mal soignée ou non détectée, il peut provoquer une nouvelle flambée : "Au Planning, nous faisons une recherche systématique d’IST avant toute pose", précise la Dre Mazola.

En général, la pose est "à peine plus compliquée que celle d’un tampon avec applicateur", explique la Dre Lachowsky. Elle est assez peu douloureuse, surtout si l’on prend un antidouleur avant le rendez-vous. "Après être sortie de chez mon gynéco, j’ai eu des douleurs ressemblant à celles des règles mais c’est vite passé, témoigne Stéphanie. Je craignais aussi que mon mari sente les fils. Ca n’a pas été le cas. Depuis, mon DIU ne me gêne pas du tout. Seul indice de sa présence : mon absence de règles et, cela, je le vis très bien !"

Alexandra Capuano