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Arrêter le tabac pendant les vacances : une bonne idée ?

Loin du stress et du train-train quotidien, les congés constituent-ils la meilleure période pour abandonner le tabac ? Pas si sûr ! Explications du Dr Charles Brahmy, pneumologue, allergologue et tabacologue.

"Lorsque j’ai pris la décision d’arrêter de fumer, je me suis posé deux questions : comment… et quand ? La méthode : ça a été vite réglé. J’avais une batterie de bons conseils et de substituts nicotiniques ! La question du moment, en revanche, a été plus compliquée. Je pensais que les vacances, période présumée plus calme, étaient le bon moment. Et je me suis plantée !" Laure, jolie trentenaire aux yeux bleus, éclate de rire. Elle conclut : "Une semaine après le retour au bureau, aux habitudes, aux pauses café, j’ai replongé. Résultat : j’ai pourri mes trois semaines de congés pour des clopinettes…"

Le Dr Charles Brahmy, pneumologue, allergologue et tabacologue à Paris, membre du conseil scientifique de la Mutualité Française, confirme : "On croit que les vacances sont une période propice parce qu’on se dit que, loin du stress, on sera mieux armé pour résister à la tentation d’en “griller une”. Ce n’est pas si simple. Les congés sont souvent synonymes de sorties nocturnes, de réunions conviviales entre amis… Les occasions de fumer sont légion !"

Ce spécialiste pointe également "le risque de replonger dès le retour dans son environnement socioprofessionnel habituel". En fait, "le meilleur moment pour arrêter de fumer, c’est celui que vous choisissez en fonction de votre motivation propre. Il n’y a pas de règle", résume-t-il.

Quand vous vous sentez prêt…
Comment déterminer ce bon moment ? Cela peut être la période des vacances si, par exemple, la pratique d’un sport vous aide à supporter l’absence de cigarette… et si vos amis ne sont pas fumeurs. La consommation de Bruno, 31 ans, informaticien, dépend beaucoup de son entourage. "Lorsque je pars seul avec mon épouse, non fumeuse, je fume moins. Mais si je suis au milieu de fumeurs, tout est prétexte à allumer une cigarette : apéritif, discussion autour du café en terrasse…", reconnaît-il.

Mais vous pouvez aussi vous sentir mieux pour arrêter au travail si vos collègues ne fument pas : ils auront tendance à vous encourager. "Le bon moment, reprend le Dr Brahmy, c’est celui où vous vous sentez prêt à supporter la privation. Tout le reste importe peu."

L’exemple de Laure en atteste : "Un an après mon premier échec, j’ai réduit ma consommation puis j’ai arrêté totalement, raconte-t-elle. Les quinze premiers jours, c’était dur : j’avais l’impression de ne plus savoir travailler. Et je toussais sans arrêt : un comble ! Mais ensuite, j’ai commencé à mieux respirer. Aujourd’hui, ça fait treize mois… et j’ai l’intention de continuer !"

Cédric Portal

Paroles de fumeurs

Valérie
"Mon mari fume cigarette sur cigarette. L’an dernier, il a décidé d’arrêter le tabac pendant les vacances, que nous passions avec des amis fumeurs. L’enfer ! Il s’enfermait dans sa chambre pour éviter de nous voir fumer. Soit il ne parlait pas, soit il nous agressait. On a fini par le supplier de reprendre une cigarette !"

Isabelle
"Je fume peu et je n’ai pas particulièrement envie d’arrêter, mais j’ai remarqué que ma consommation diminuait pendant les vacances. Il faut dire que je suis hyperactive : je marche, je fais du vélo, je bricole et, du coup, j’oublie de fumer. J’ai pourtant toujours une cigarette et un briquet sur moi mais, le plus souvent, je n’y touche pas."

Guy
"Je ne fume pas pour me déstresser mais par plaisir, c’est pourquoi je fume davantage en vacances. La cigarette va avec la détente, la convivialité, le grand air. Au bureau, il faut descendre dans la rue pour fumer. Cela me freine un peu."

Propos recueillis par S. L.